Au cours de cette année : le cheikh Abou al-Faraj Ibn al-Jawzî (1) dispensa un enseignement dans une école (2) créée pour les hanbalites. Le grand juge (Qâdî al-Qudât) Abou al-Hasan Ibn al-Dâmghânî (3), ainsi que des juristes et des notables, assistèrent à sa leçon. Ce fut un jour mémorable, et on lui offrit un somptueux vêtement d’honneur.
Parmi les notables décédés cette année (4) : Rûh Ibn Ahmad (5), ainsi qu’Abou Tâlib al-Hadîthî, qui exerça parfois la fonction de Qâdî al-Qudât à Bagdad. Son fils (6) se trouvait en terre du Hijâz ; lorsqu’il apprit la mort de son père, il tomba malade et mourut quelques jours plus tard. On le taxait de « refus » (7).
Quant à Shamla (8), le Turkmène, il s’empara du FârS, y construisit des forteresses, s’imposa face aux Seldjoukides et demeura au pouvoir près de vingt ans, jusqu’à ce que certains Turkmènes l’attaquent et le tuent.
Qîmaz (9) Ibn ‘Abd Allâh, surnommé Qutb ad-Dîn al-Mustanji, fut ministre (vizir) du calife al-Mustadî’ et placé à la tête de toutes les armées (10). Cependant (11), il se rebella contre le calife et chercha à piller la demeure califale. Le calife monta alors sur le toit (12) de sa résidence et ordonna au peuple de piller la maison de Qîmaz, qui fut mise à sac. Une fatwâ des juristes justifia cette action. Qîmaz prit la fuite et périt en chemin, tout comme ceux qui l’accompagnaient dans les régions désertiques (14).
(1) Sa biographie sera reprise dans les décès de l'année 597 dans ce volume.
(2) Al-Muntaẓim (10/250).
(3) Sa biographie sera reprise dans les événements de l'année 583 dans ce volume.
(4) Ṭ : Et il y est indiqué qu'il est décédé parmi les notables.
(5) Sa biographie dans Al-Muntaẓim (10/255), il semble que ce soit la source d'Ibn Kathīr pour cette notice ; Yāqūt lui consacre une bonne notice dans son dictionnaire (Hadīthat al-Furāt), il a aussi une notice dans l'Histoire d'Ibn al-Dubaythī, folio 52 (Paris 5922), et dans Tārīkh al-Islām (12/440).
(6) A, B : « son père », ce qui est une erreur ; la formule dans Al-Muntaẓim est : « Et son fils ʿAbd al-Malik était en pèlerinage, et il apprit sa mort alors qu'il était à Koufa. »
(7) Ṭ : yanbuḏ (il jette). C'est une erreur.
(8) Sa biographie dans Al-Muntaẓim (10/255), Ibn al-Athīr (9/134), Tārīkh al-Islām (12/441), Al-ʿIbar – Koweït (4/211), Beyrouth (3/59), et Mukhtaṣar Abī al-Fidāʾ (3/57), ainsi que dans Al-Shudhurāt (2/237) : Salama. Erreur typographique.
(9) Sa biographie dans Al-Muntaẓim (10/255-256), Ibn al-Athīr (9/134-135) Qaymaz, Ar-Rawḍatayn (1/252) Qaymaz, Abū al-Fidāʾ (3/57-58), Tārīkh al-Islām (12/443), Al-ʿIbar – Koweït (4/211), Beyrouth (3/60) Qaymaz.
(10) Ṭ : kulluhā (« toutes »).
(11) N'est pas dans Ṭ.
(12) B : as-saṭḥ (le niveau).
(13) Ṭ : « Il s’enfuit et périt, lui et ceux avec lui. »
(14) Dans ses sources, il est indiqué qu’il est décédé dans la région de Mossoul.