Lorsqu’il se trouva à Hama, les émissaires du calife al-Mustadiʾ bi-Amr Allah le rejoignirent, apportant avec eux les robes d’honneur, les distinctions abbassides, les drapeaux noirs et un décret du dīwān lui conférant la souveraineté sur les territoires d’Égypte et de Syrie. On distribua alors les robes à sa famille, ses proches, ses compagnons, ses alliés par mariage, ses soutiens et ses partisans. Ce fut un jour mémorable.
Il nomma son cousin maternel et gendre, l’émir Shihāb al-Dīn Maḥmūd, comme gouverneur de Hama, puis se rendit à Homs, qu’il remit à son cousin paternel, Nāṣir al-Dīn, de la même manière qu’elle avait appartenu à son père auparavant, Shīrkūh Asad al-Dīn. Ensuite, il se dirigea vers Baalbek, puis vers la Bekaa, avant de rentrer à Damas au mois de Dhū al-Qaʿda.
Cette même année, un homme originaire du village de Mashghara, dans la circonscription de Damas, issu du Maghreb, apparut en prétendant à la prophétie. Il se livra à toutes sortes de tromperies, d’illusions, de tours de passe-passe et de pratiques proches de la magie, provoquant la fascination de divers groupes parmi la populace et les gens du commun de cette région. Le sultan le rechercha, mais il s’enfuit de nuit depuis Mashghara vers la circonscription d’Alep. Il y rallia toute personne en rupture de ban, égarant ainsi un grand nombre de paysans, qui n’étaient nullement des gens de réussite. Il épousa une femme dont il était épris, qui était originaire de ces marécages, et lui apprit à revendiquer elle aussi la prophétie, imitant ainsi l’histoire de Musaylima et Sajāḥ. Que Dieu les maudisse, chaque fois que la colombe roucoule et gémit, et chaque fois que s’abattent les averses.
Au cours de cette même année, le vizir du calife prit la fuite et sa demeure fut mise à sac.