Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis il marcha vers Hama. Il prit la ville, que son gouverneur, ʿIzz ad-Dîn Jurdik, lui remit (1). Il lui demanda alors de servir d’émissaire entre lui et les habitants d’Alep, et celui-ci accepta. Jurdik s’y rendit donc et les avertit de la puissance de Ṣalāḥ ad-Dīn, mais ils ne lui prêtèrent aucune attention ni ne se fondèrent sur ses propos. Au contraire, ils ordonnèrent son emprisonnement et sa détention, le faisant rejoindre Banū al-Dāya au fond du même puits. La réponse tarda à parvenir à Ṣalāḥ ad-Dīn (2), qui leur envoya une lettre éloquente, les blâmant de leur discorde et de leur manque d’entente. Ils lui répondirent par des propos d’une extrême dureté, plus acérés qu’un trait de lance. Il leur adressa alors un nouveau message, leur rappelant ses propres faits d’armes ainsi que ceux de son père et de son oncle au service de Nūr ad-Dīn, lors de batailles louables, reconnues de tous les gens de foi.

Il se rendit ensuite à Alep, où il campa sur le mont Jawshan (3). Tous ceux qui possédaient un bouclier ou une cotte de mailles (jawshan) redoutèrent son assaut. On convoqua alors les habitants d’Alep à se rassembler sur le champ (maydān) de la porte d’Irak. Ils s’y regroupèrent et le fils du sultan Nūr ad-Dīn apparut devant eux, cherchant à gagner leurs faveurs, versant des larmes en leur présence et les incitant à combattre Ṣalāḥ ad-Dīn, comme le lui avaient conseillé les émirs les plus influents. Les habitants de la ville répondirent unanimement qu’il était de leur devoir de lui obéir en tout.

Les Râfidites (4) d’entre eux imposèrent cependant certaines conditions : que la formule « ḥayya ʿalā khayri l-ʿamal » soit réintroduite dans l’appel à la prière et proclamée dans les marchés ; qu’on leur réserve le côté oriental de la grande mosquée ; que les noms des Douze Imams soient rappelés avant les funérailles ; qu’ils puissent prononcer cinq takbîrs sur les défunts ; et que leurs contrats de mariage soient conclus par al-Šarīf Abū Ṭāhir ibn Abī al-Makārim Ḥamza ibn Zuhra al-Ḥusaynī (5). Toutes ces demandes leur furent accordées. On appela donc à la prière dans la grande mosquée et dans tout le reste de la cité en répétant « ḥayya ʿalā khayri l-ʿamal ».

Les habitants d’Alep n’étaient pas en mesure de tenir tête à an-Nāṣir (Ṣalāḥ ad-Dīn) et ourdirent contre lui toutes les ruses possibles (6). Ils envoyèrent d’abord un message à Sinān, le chef des Ḥashīshiyya (7), qui dépêcha quelques-uns de ses hommes afin de tuer an-Nāṣir. Mais ceux-ci n’obtinrent aucun résultat ; ils ne purent que tuer quelques émirs, avant d’être découverts à leur tour et tous mis à mort. Louange et gratitude à Dieu pour cela.

(1) Leur emplacement dans l’édition : donc il la remet à son propriétaire. (2) A, édition : ʿIzz al-Dīn ibn Jibrīl, il s’agit d’une erreur de copie, sa notice biographique sera donnée dans les événements de l’année 594 de ce volume. (3) B : il les met en garde. (4) N’existe pas dans l’édition. (5) Édition : le sultan. (6) N’existe pas dans B. (7) A, B : il la fait descendre. (8) « Jawshan » : une montagne qui domine Alep, à l’ouest, dont le flanc abrite des cimetières et sanctuaires chiites. Cf. Muʿjam al-Buldan. (9) Édition : Ḥamza ibn Zāhir, dans A : Ḥamza ibn Zahr, le récit est dans les Rawḍatayn (1/238). (10) Édition : sa ruse. (11) Édition : Shaybān en charge de la hisba, il s’agit d’une erreur dans l’édition al-ʿAjība, le récit se trouve chez Ibn al-Athīr (9/132) et les Rawḍatayn (1/238). (12) Édition : à al-Nāṣir pour qu’ils le tuent.
ثم سار إِلى حماة، [فأخذ المدينة، سلّمها إِليه] (١) صاحبها عز الدين جرديك (٢) ، وسأله ن يكون سفيره بينه وبين الحلبيين، فأجابه إِلى ذلك، فسار إِليهم فحذَّرهم (٣) بأس صلاح الدين، فلم يلتفتوا إِليه، [ولم يعوِّلوا عليه] (٤) ، بل أمروا بسجنه واعتقاله، وجمعوا بينه وبين بني الداية في البئر الذي هم فيه، فأبطأ الجواب على صلاح الدين (٥) ، فكتب إِليهم (٦) كتابًا بليغًا، يلومهم فيه على ما هم فيه من الاختلاف، وعدم الائتلاف، فردّوا عليه أسوأ جواب، وأحدّ من الحراب، فأرسل إِليهم يذكرهم أيامه وأيام أبيه وعمه في خدمة نور الدين، في المواقف المحمودة، التي يشهد لهم بها أهل الدين. ثم إِنه سار إِلى حلب، فنزل (٧) على جبل (٨) جَوْشَن، فخاف من سطوته كل ذي جوشن، فنودي في أهل حلب بالحضور في ميدان باب العراق، فاجتمعوا، فأشرف عليهم ابن الملك نور الدين، فتودّد إِليهم، وتباكى لديهم، وحرّضهم على قتال صلاح الدين، وذلك عن إِشارة الأمراء المقدمين، فأجابه أهل البلد بوجوب طاعته على كل أحد. وشرط عليه الروافض منهم أن يعاد الأذان بحي على خير العمل، وأن يذكر في الأسواق، وأن يكون لهم في الجامع الجانب الشرقي، وأن يذكر أسماء الأئمة الاثني عشر بين يدي الجنائز، وأن يكبِّروا على الجنائز خمسًا، وأن تكون عقود أنكحتهم إِلى الشريف أبي طاهر بن أبي المكارم حمزة بن زهرة الحسيني (٩) ، فأُجيبوا إِلى ذلك كله، فأُذِّن بالجامع وغيره بسائر البلد، بحيّ على خير العمل. وعجز أهل البلد عن مقاومة الناصر، وأعملوا في مكيدته (١٠) كل خاطر. فأرسلوا أولًا إِلى [سنان صاحب الحشيشية] (١١) ، فأرسل نفرًا من أصحابه [ليقتلوا الناصر] (١٢) ، فلم يظفروا منه بشيء، بل قتلوا بعض الأمراء، ثم ظهر عليهم فقُتلوا عن آخرهم، ولله الحمد والمنة.
(١) مكانهما في ط: فتسلمها من صاحبها. (٢) أ، ط: عز الدين بن جبريل، وهو تصحيف، وسترد ترجمته في حوادث سنة ٥٩٤ من هذا الجزء. (٣) ب: يحذرهم. (٤) ليس في ط. (٥) ط: السلطان. (٦) ليس في ب. (٧) أ، ب: فنازلها. (٨) "جَوْشَن": جبل مطلٌّ على حلب، في غربيّها، في سفحه مقابر ومشاهد للشيعة. معجم البلدان. (٩) ط: حمزة بن زاهر، وفي أ: حمزة بن زهر، والخبر في الروضتين (١/ ٢٣٨). (١٠) ط: كيده. (١١) ط: شيبان صاحب الحسبة، وهي من تصحيفات ط العجيبة، والخبر في ابن الأثير (٩/ ١٣٢) والروضتين (١/ ٢٣٨). (١٢) ط: إِلى الناصر ليقتلوه.

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