Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’Égyptien promut(1) son frère, le roi al-‘Adil Sayf ad-Dîn Abû Bakr al-Kurdî, puis, lorsque les deux frères se rencontrèrent, Abû Bakr – le même nom que celui à qui l’on prêta allégeance le jour de la Saqifa – le vainquit, dispersa son armée, fit prisonnière sa famille et le mit à mort, comme il advint jadis au chef des Banû Hanîfa(2). C’est pourquoi Dieu éleva avec magnificence la dynastie des Banû Ayyûb.

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Lorsque le pays d’Égypte fut consolidé et qu’il n’y resta aucun chef de l’ancienne dynastie ‘Ubaydide, le sultan, le roi an-Nâsir Salâh ad-Dîn, s’avança à la tête des armées turques en direction des territoires du Shâm, à l’époque où mourut son souverain Nûr ad-Dîn Mahmûd ibn Zankî. Les habitants en furent effrayés, ses piliers en furent ébranlés, les gouverneurs(3) y divergèrent, et ses affaires de négociation et de résolution se corrompirent. Son intention(4) était de rassembler ses forces, de bien traiter ses habitants, d’assurer la sécurité de ses plaines et de ses montagnes, de soutenir l’islam, de repousser les trouble-fête, de proclamer hautement le Coran, de cacher toutes les autres confessions, d’abaisser les croix(5), de rechercher la satisfaction du Clément et d’humilier Satan.

Il quitta(6) donc les provinces d’Égypte pour se rendre à al-Birkah(7) au début du mois de Safar, et il y séjourna jusqu’à ce que l’armée se fût regroupée autour de lui. Il désigna son frère Sayf ad-Dîn Abû Bakr comme lieutenant en Égypte, puis se dirigea vers Bilbays(8) le treize Rabî‘ al-Awwal. Il poursuivit sa route jusqu’à traverser la ville de Buṣrâ, dont le gouverneur, Ṣadîq ibn Jawlî, prit part à sa suite.

Il entra dans la ville de Damas le lundi, dernier jour de Rabî‘ al-Awwal, sans qu’il n’y ait la moindre confrontation – pas même deux boucs ne s’entrechoquèrent, ni deux épées ne s’opposèrent(9). En effet, son vice-gouverneur, Shams ad-Dîn ibn Muqaddam, avait d’abord écrit à Salâh ad-Dîn en termes durs. Mais lorsqu’il vit qu’il se dirigeait réellement vers la ville, il se mit à échanger des lettres plus pressantes pour l’exhorter à venir à Damas et lui promit de lui livrer la cité. Lorsqu’il constata que l’arrivée de Salâh ad-Dîn était imminente, il ne put plus s’y opposer et remit(10) la ville sans résistance. Le sultan s’installa d’abord dans la maison de son père, à savoir la demeure de la famille al-‘Aqîqî(11).

(1) Dans l'édition : « et il leur commanda. » (2) Il s'agit de Musaylima l'imposteur. (3) A, B : « ils ont divergé. » (4) N'existe pas dans l'édition. (5) Dans l'édition : « et la casse des croix pour plaire au Tout Miséricordieux. » (6) Dans l'édition : « puis il descendit. » (7) Son nom est Baraka al-Habash. Yâqût a dit : « C'est une terre dans une vaste plaine… donnant sur le Nil d’Égypte, en arrière d’al-Qarāfa. » (Muʿjam al-Buldān, 1/401). (8) Bilbays — avec un kasra sur le deuxième bā : une ville située à dix parasanges entre elle et Fustât en Égypte sur la route de la Syrie. (Muʿjam al-Buldān). (9) Selon l'édition uniquement. (10) Dans l'édition : « puis il salua. » (11) Dans l'édition : « Dār al-ʿUqaylī », ce qui est une erreur. Dār al-ʿUqayqī fut achetée par Najm al-Dīn Ayyūb, le père de Ṣalāḥ ad-Dīn, parmi l’héritage, et il en fit sa demeure. (Munādamat al-Aṭlāl, 119).
المصري، وقدّم (١) عليه أخاه الملك العادل سيف الدين أبا بكر الكردي، فلما التقيا هزمه أبو بكر سَميُّ المبايَع يوم السقيفة، وبدَّد شمله، وأسر أهله، وقتله كما جرى لمقدم بني حنيفة (٢) ، ولهذا جعل الله دولة بني أيوب عالية منيفة. [فصل] لما تمهدت البلاد المصرية، ولم يبق بها رأس من بقية الدولة العبيدية، برز السلطان الملك الناصر صلاح الدين في الجيوش التركية قاصدًا إِلى البلاد الشامية، وذلك حين مات سلطانها نور الدين محمود بن زنكي، وأُخيف سكانها، وتضعضعت أركانها، واختلف (٣) حكامها، وفسد نقضها وإِبرامها، وقَصْدُهُ [ (رحمه الله) ] (٤) جمع شملها، والإحسان إِلى أهلها، وأمن سهلها وجبلها، ونصرة الإسلام، ودفع الطغام، وإِظهار القرآن، وإِخفاء سائر الأديان، وخفض الصلبان (٥) ، ورضا الرحمن، وإِرغام الشيطان. فخرج (٦) من الديار المصرية إِلى البِرْكة (٧) في مستهلّ صفر، وأقام هنالك حتى اجتمع إِليه العسكر، وقد استناب على مصر أخاه سيف الدين أبا بكر، ثم سار إِلى بِلْبِيس (٨) في الثالث عشر من ربيع الأول. ثم ساق حتى اجتاز بمدينة بصرى، فسار في خدمته صاحبها صديق بن جاولي. فدخل مدينة دمشق في يوم الإثنين سلخ ربيع الأول، ولم ينتطح فيها عنزان، ولا اختلف عليه (٩) سيفان. وذلك أن نائبها شمس الدين بن مقدم كان قد كتب إِليه أولًا فأغلظ له في الكتاب، فلما رأى أمره متوجهًا جعل يكاتبه ويستحثّه على القدوم إِلى دمشق، ويعده بتسليم البلد. فلما رأى الجد لم يمكنه المخالفة، فسلمه (١٠) البلد بلا مدافعة، فنزل السلطان أولًا في دار والده، وهي دار العقيقي (١١) ،
(١) ط: وأمَّر عليهم. (٢) يعني مسيلمة الكذاب. (٣) أ، ب: واختلفت. (٤) ليس في ط. (٥) ط: وتكسير الصلبان في رضا الرحمن. (٦) ط: فنزل. (٧) واسمها بركة الحبش. قال ياقوت: هي أرض في وهدة من الأرض واسعة .. مشرفة على نيل مصر خلف القرافة. معجم البلدان (١/ ٤٠١). (٨) بِلبِيس - بكسر البائين: مدينة بينها وبين فسطاط مصر عشرة فراسخ على طريق الشام. معجم البلدان. (٩) عن ط وحدها. (١٠) ط: فسلم. (١١) في ط: دار العقيلي، وهو خطأ. ودار العقيقي اشتراها نجم الدين أيوب والد صلاح الدين من تركته واتخذها دارًا له. منادمة الأطلال (١١٩).

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