Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il se rendit au Levant (ash-Shām) afin de le préserver des mains des Francs voués à l’échec, mais un événement imprévu l’en détourna. En effet, les Francs avaient débarqué sur le littoral des provinces égyptiennes avec une flotte sans précédent, tant par le nombre de ses navires que par l’ampleur de son matériel de guerre et de siège, ainsi que par la multitude de ses combattants. Parmi leurs forces, on comptait deux cents « shīnī », chacune transportant cent cinquante soldats, et quatre cents autres vaisseaux. Ils étaient partis de Sicile pour atteindre les abords d’Alexandrie quatre jours avant le début de la nouvelle année. Ils dressèrent des mangonneaux et des tours de siège autour de la ville, tandis que ses habitants sortirent pour les affronter avec acharnement et protégèrent la cité par des combats intenses qui durèrent plusieurs jours. De nombreux combattants tombèrent de part et d’autre.

Finalement, les habitants convinrent de mettre le feu aux mangonneaux et aux tours de siège érigés par les Francs, et mirent ce plan à exécution, ce qui affaiblit grandement le moral de l’ennemi et brisa leur résolution. Les musulmans les attaquèrent ensuite dans leur campement, tuant ceux qu’ils voulaient et s’emparant de ce qui leur plaisait. Les infidèles se dispersèrent de tous côtés, sans refuge sinon la mer, la mort ou la captivité. Les musulmans s’emparèrent de leurs biens, de leurs bagages et de leurs chevaux, ainsi que des tentes qu’ils avaient dressées pour leur campement. En somme, ils exterminèrent nombre d’hommes et s’attribuèrent des biens en grande abondance. Quant aux rares survivants parmi les Francs, ils reprirent la route par la flotte vers leur terre d’origine, s’en retournant déçus sans avoir obtenu l’objectif escompté.

Une autre raison retarda également le roi an-Nāṣir dans son projet vers le Levant : l’action d’un homme surnommé al-Kanz – que certains nommaient aussi ʿAbbās ibn Shâdhî. Il faisait partie des notables des provinces égyptiennes et de l’État fatimide (en réalité ubaydide). Cet homme s’était retiré dans une localité appelée Aswān, rassemblant autour de lui nombre de gens du commun, citadins et bédouins. Il leur promettait de rétablir l’autorité fatimide et de renverser les atabegs turcs, et une foule nombreuse se joignit à lui. Il marcha contre Qūs et ses environs, tuant plusieurs de ses émirs et de ses hommes. Le roi Ṣalāḥ al-Dīn lança donc contre lui un détachement de son armée.

(1) Passage absent dans l’édition, probablement omis pour préserver le texte des Francs, mais il y a eu une attaque subite. (2) Édition : la côte égyptienne. (3) Absent dans l’édition. (4) Absent dans l’édition. (5) Édition : deux cents, ce qui est une erreur de l’édition. (6) « Al-Shīnī ou al-Shūnah » : un type de navires rapides. (7) Édition : au feu des mangonneaux. (8) Rapporté uniquement par la version B. (9) Édition : ils en ont tué un groupe et pillé ce qu’ils voulaient. (10) Édition : les Francs ont pris la fuite. (11) Édition : il s’est appuyé. (12) Plus loin dans l’édition : les gens se rassemblèrent en grand nombre, des bas-fonds, des citadins, des nomades et des bergers, et il prétendait auprès d’eux. (13) Édition : puis ils se dirigèrent.
الشام ليحفظه من أيدي الفرنج المخذول (١) ، ولكنه دهمه أمر شغله عنه، وذلك أن الفرنج قدموا إِلى الساحل بالبلاد المصرية (٢) في أسطول لم يسمع بمثله، في كثرة مراكبه (٣) ، وما فيه من آلات الحرب والحصار، [وكثرة الرجال] (٤) المقاتلة. من جملة ذلك: مئتا (٥) شيني (٦) ، في كل منها مئة وخمسون مقاتلًا، وأربعمائة قطعة أخرى. وكان قدومهم من صِقِلِّيةَ إِلى ظاهر إِسْكَنْدَرِيّة قبل رأس السنة بأربعة أيام، فنصبوا المنجنيقات والدبابات حول البلد، وبرز إِليهم أهلها فقاتلوهم دونها قتالًا شديدًا، واستمر القتال أيامًا، وقتل من كلا الفريقين خلق كثير، ثم اتفق أهل البلاد على تحريق ما نصبوه من المنجنيقات (٧) والدبابات ففعلوا ذلك، فأضعف ذلك قلوب الفرنج، [وفلَّ في أعضادهم] (٨) ، ثم كبسهم المسلمون في منازلهم، فقتلوا (٩) من أحبّوا وأرادوا، وغنموا ما شاؤوا واختاروا، وانهزم الكفار (١٠) في كل وجه، ولم يكن لهم ملجأ إِلا البحر أو القتل أو الأسر، واستحوذ المسلمون على أموالهم وأثقالهم وخيولهم وما ضربوه من الخيام لنزولهم، وبالجملة قتلوا خلقًا من الرجال، وغنموا شيئًا كثيرًا من الأموال، وركب من بقي منهم في الأسطول راجعين إِلى بلادهم خائبين، لم يفوزوا بالمأمول. ومما عوَّق الملك الناصر عن الشام أيضًا: أن رجلًا يعرف بالكنز، وسماه بعضهم: عباس بن شاذي، وكان من مقدمي الديار المصرية، ومن الدولة الفاطمية وإِنما هي العبيدية، كان قد انتزح (١١) إِلى بلد يقال له: أُسْوَان، وجعل يجمع عليه (١٢) خلقًا من الرعاع من الحاضرة والعربان، ويزعم لهم أنه سيعيد الدولة الفاطمية، ويدحض الأتابكة التركية، فالتف عليه خلق كثير، وجم غفير. وقصد (١٣) قوص وأعمالها، وقتل طائفة من أمرائها ورجالها، فجرد إِليه الملك صلاح الدين طائفة من الجيش
(١) ط: لأجل حفظه من الفرنج ولكن دهمه. (٢) ط: الساحل المصري. (٣) ليس في ط. (٤) ليس في ط. (٥) ط: مئتي، وهي من أخطاء ط. (٦) "الشيني أو الشونة": نوع من السفن السريعة. (٧) ط: على حريق المجانيق. (٨) عن ب وحدها. (٩) ط: فقتلوا منهم جماعة وغنموا منهم ما أرادوا. (١٠) ط: فانهزم الفرنج. (١١) ط: استند. (١٢) بعدها في ط: الناس فاجتمع عليه خلق كثير من الرعاع من الحاضرة والعربان والرعيان، وكان يزعم إِليهم. (١٣) ط: ثم قصدوا.

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