L’Ahwâzî (1), gardien des livres du sanctuaire d’Abû Ḥanîfa à Bagdad, décéda subitement au mois de Rabî‘ al-Awwal de cette année. Son père et son frère étaient eux aussi morts subitement, de la même manière. Qu’Allah leur accorde Sa miséricorde.
Maḥmûd ibn Zankî ibn Âq Sunqur, le sultan équitable Nûr ad-Dîn, souverain du Bilâd ash-Shâm et de nombreux autres territoires étendus (2) : il menait le combat contre les Francs, ordonnait le bien et interdisait le mal, aimait les savants, les pauvres et les gens pieux, haïssait l’injustice, possédait une croyance saine et privilégiait les bonnes actions. Nul n’osait commettre l’injustice sous son règne. Il réprimait les actes répréhensibles et ceux qui les pratiquaient, défendait la science et la Loi, veillait souvent la nuit en prière, jeûnait fréquemment et se préservait des passions. Il aimait soulager les musulmans et envoyait des aumônes aux savants, aux pauvres, aux miséreux, aux orphelins et aux veuves. Aux yeux de Nûr ad-Dîn, les biens de ce monde ne signifiaient rien. Qu’Allah lui fasse miséricorde et abreuve sa tombe de Sa grâce et de Sa satisfaction.
Ibn al-Jawzî (4) a dit : « Il arracha (5) des mains des mécréants plus d’une cinquantaine de villes… et il correspondait aussi avec moi (6). Qu’Allah lui fasse miséricorde (7). »
(8) Il est rapporté également que, lorsque la mort le surprit, il fit prêter serment aux émirs pour son fils, à savoir aṣ-Ṣâliḥ Ismâ‘îl. Il renouvela par ailleurs le pacte conclu avec le seigneur de Tripoli, s’engageant à ne pas attaquer le Shâm durant la période convenue. En effet, ce dernier avait été fait prisonnier lors de l’une de ses campagnes, ainsi qu’un groupe de dignitaires de son royaume ; il s’était alors racheté pour trois cent mille dinars, cinq cents chevaux, cinq cents cottes de mailles (9), autant de boucliers (10), de qantûrîyât (11), ainsi que la libération de cinq cents captifs musulmans. Nûr ad-Dîn reçut de lui la promesse qu’il ne porterait pas atteinte aux musulmans pendant sept ans, sept mois et sept jours, le contraignant à livrer cent otages issus des plus grands seigneurs francs et de leurs chefs religieux. Si ce pacte était rompu, il verserait leur sang. Enfin, il résolut de conquérir Bayt al-Maqdis (12).