Ils figuraient parmi les meilleurs princes et comptaient parmi les plus grands notables. Pourquoi donc ne livreraient-ils pas l’enfant à Majd ad-Dîn Ibn al-Dâya, le plus proche auprès de Nûr ad-Dîn (qu’Allah lui fasse miséricorde) et le mieux considéré parmi eux ? Ils lui écrivirent alors en lui manquant de respect, ce qui ne fit qu’accroître sa colère contre eux et le poussa à venir à leur rencontre avec son armée. Cependant, à ce moment-là, il était fort occupé, en raison de l’épreuve redoutable qui s’était abattue sur ses terres, comme il sera expliqué, si Dieu le veut, au début de l’année suivante.
Parmi ceux qui décédèrent cette année parmi les notables et les personnalités célèbres figure Abû al-ʿAlâ’ al-Hamadhânî : al-Hasan ibn al-Hasan ibn Ahmad ibn Muhammad al-ʿAttâr, connu sous le nom d’Abû al-ʿAlâ’ al-Hamadhânî, grand hâfiẓ. Il entendit de nombreux hadiths, voyagea dans de nombreux pays, rencontra plusieurs maîtres, se rendit à Bagdad et acquit de nombreux ouvrages. Il se consacra à l’étude des lectures coraniques et de la langue au point de devenir, en son temps, l’unique référence des sciences du Livre et de la Sunna. Il composa de nombreux ouvrages utiles, suivant la voie [des Anciens, jugée irréprochable]. Généreux, pieux, ascétique, doté d’une croyance saine et d’une belle apparence, il jouissait dans sa ville d’un grand prestige et d’une pleine reconnaissance. Il s’éteignit dans la nuit du jeudi, onzième jour de Jumâdâ al-Âkhira de cette année, à plus de quatre-vingts ans révolus de quatre mois et quelques jours.
Ibn al-Jawzî rapporte qu’on le vit en songe [dans une cité] dont tous les murs étaient couverts de livres, et lui-même était entouré d’ouvrages innombrables, occupé à les étudier. On lui demanda : « Qu’est-ce que cela ? » Il répondit : « J’ai demandé à Dieu qu’Il m’occupe comme Il le faisait ici-bas, et Il me l’a accordé. »