Il fut saisi d’inquiétude (1) et sombra dans un état d’humeur détériorée (2). Il s’occupa de lui-même et de ses douleurs (3), et toutes ses facultés et ses penchants se retournèrent contre lui. Il s’isola des gens pendant une semaine, tandis que ces derniers étaient absorbés par leurs amusements et l’allégresse suscitée par les parures qu’ils avaient installées (4). Ainsi, alors que l’un se mourait, l’autre se réjouissait dans sa générosité (5). Ces réjouissances se renversèrent alors en afflictions (6), et le sérieux balaya cette plaisanterie. Le roi fut affligé d’un mal de gorge qui l’empêcha de parler, comme c’est la nature de ces tourments. On lui avait conseillé la saignée et de se hâter de se soigner (7), mais il n’y consentit pas. Telle fut la volonté de Dieu, un destin inéluctable déjà consigné, et tout cela était écrit dans le Livre.
Le mercredi onzième de Shawwâl de cette même année, il fut rappelé à la miséricorde de Dieu, à l’âge de cinquante-huit ans, dont il passa (8) vingt-huit ans au pouvoir – qu’Il lui fasse miséricorde. On pria sur lui à la mosquée de la Citadelle de Damas (9) et il y fut inhumé (10) jusqu’à (11) ce qu’on le transportât dans (12) le tombeau bâti pour lui à la porte de l’école qu’il avait fondée pour les Hanafites au long du chemin. Qu’Allah abreuve sa sépulture de Sa miséricorde et fasse du Paradis sa demeure !
Les poètes le pleurèrent par de nombreuses élégies, qu’Abû Shâma rapporta dans « Al-Rawdatan » (13). Combien est beau ce qu’en a dit Al-‘Imâd (14) (d’après le mètre al-mutaqârib) :
« Je m’étonne de la Mort lorsqu’elle s’approcha :
d’un roi doté des vertus d’un ange (15) !
Comment l’astre en révolution a-t-il pu demeurer dans la terre,
alors même que la terre est au sein d’un astre céleste ? »