Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il bâtit à Damas une maison consacrée à l’écoute et à la transmission du hadith. Ibn al-Athîr déclara : « Il fut le premier à construire une Maison du hadith (1). » Il était imposant et digne, exerçant un grand ascendant sur les émirs (2). Personne n’osait s’asseoir en sa présence sans son autorisation (3), et aucun prince ne le faisait sans y être invité, hormis l’émir Najm ad-Dîn Ayyûb (4). Quant à Asad ad-Dîn Shîrkûh (5), à Majd ad-Dîn Ibn ad-Dâya (6), gouverneur d’Alep, aux grands notables (7) et à d’autres, ils restaient debout devant lui.

Pourtant, lorsqu’un faqîh ou une personne démunie entrait, il se levait, faisait quelques pas pour l’accueillir, l’invitait à s’asseoir auprès de lui sur son tapis et entamait une discussion avec gravité et calme. Lorsqu’il offrait quelque chose à l’un d’entre eux, il disait : « Ceux-là sont les soldats de Dieu ; c’est grâce à leurs invocations que nous triomphons de nos ennemis. Ils ont, dans le trésor public, un droit bien supérieur à ce que je leur donne (8). S’ils se contentent d’une partie de ce qui leur revient, alors c’est nous qui leur sommes redevables. »

Un extrait de hadith fut lu en sa présence, et l’on y trouvait : « Le Messager de Dieu ﷺ sortit, le sabre passé en bandoulière (9) (10). » Il s’émerveillait alors de voir combien les habitudes des gens avaient changé [alors qu’il est attesté de lui – paix sur lui –] (11), et il s’interrogeait sur la manière dont les soldats et les émirs nouaient (12) leurs épées (13) à la ceinture et ne (14) suivaient pas l’exemple du Messager de Dieu ﷺ. Puis il ordonna à ses troupes de ne pas porter l’épée autrement qu’en la passant en bandoulière.

(1) Cette opinion mérite réflexion ; le savant éminent Dr Naji Ma'ruf, que Dieu lui fasse miséricorde, a rédigé un article intitulé « Le rôle du hadith avant al-Nūriyya » (Bachār). (2) A : « ses émirs ». (3) A : « avec la permission ». (4) Sa biographie a été présentée dans les biographies des décès de l'année 568. (5) Sa biographie a été présentée dans les biographies des décès de l'année 564. (6) Majd al-Dīn Abū Bakr ibn al-Dayya : il était un proche de Nūr al-Dīn. Il était l'un des émirs les plus importants auprès de lui, possédant les iqtāʿ de Ḥalab, Ḥārim et Jaʿbar. Il est décédé en 565 H. Voir Ibn al-Athīr (9/108), al-Rawḍatayn (1/180) et Mukhtaṣar Abī al-Fidāʾ (3/49). (7) Et d'autres grands personnages. (8) A, B : plusieurs fois plus que cela, al-Rawḍatayn (1/10). (9) A, B : et il portait son épée, al-Rawḍatayn (1/11). (10) Ceci est un extrait d’un long hadith rapporté par al-Bukhārī (6/114) dans le chapitre du jihad, chapitre « Lorsque l’on est effrayé la nuit », et par al-Tirmidhī n° 1686 dans le jihad, chapitre « Ce qui a été rapporté concernant la sortie lors de la peur », de Anas ibn Mālik, que le Prophète (paix et salut sur lui) était l’homme le plus beau, le plus généreux et le plus courageux. Il fut rapporté que les habitants de Médine furent effrayés à cause d’un bruit. Le Prophète (paix et salut sur lui) rencontra alors ceux-ci à cheval, sur la monture d’Abū Ṭalḥa appelée ʿUray (et il portait son épée). Il leur dit : « Vous n’avez pas été prudents, vous n’avez pas été prudents. » Puis le Prophète (paix et salut sur lui) ajouta : « Je l’ai trouvé comme une mer », signifiant le cheval. Le sens est qu’il convient que le commandant de l’armée vérifie lui-même la situation ou envoie quelqu’un qu’il désigne pour cela. (11) Seul le texte ṭ. (12) A : « il relia ». (13) A : « dans ». (14) A : « et ils n’agissent pas ainsi ».
وابتنى بدمشق دارًا لسماع الحديث وإِسماعه. قال ابن الأثير: وهو أول من بنى دار حديث (١) . وقد كان مهيبًا وقورًا، شديد الهيبة في قلوب الأمراء (٢) ، لا يتجاسر أحد أن يجلس بين يديه إِلا بإِذنه (٣) ، ولم يكن أحد من الأمراء يجلس بلا إِذن سوى الأمير نجم الدين أيوب (٤) . وأما أسد الدين شيركوه (٥) ومجد الدين بن الداية (٦) نائب حلب والأكابر (٧) وغيرهم فكانوا يقفون بين يديه، ومع هذا كان إِذا دخل أحد من الفقهاء أو الفقراء قام له ومشى خطوات، وأجلسه معه على سجادته، وشرع يحادثه في وقار وسكون، وإِذا أعطى أحدًا منهم شيئًا يقول: هؤلاء جند الله وبدعائهم نُنْصر على الأعداء، ولهم في بيت المال حقٌّ أضعاف ما أعطيهم (٨) ، فإِذا رضوا منا ببعض حقهم فلهم المنة علينا. وقد سمع عليه جزء حديث، وفيه: (فخرج رسول الله ﷺ متقلدًا (٩) السيف) (١٠) فجعل يتعجب من تغيير عادات الناس [لما ثبت عنه (عليه السلام) ] (١١) ، وكيف يربط (١٢) الأجناد والأمراء السيوف على (١٣) أوساطهم، ولا (١٤) يفعلون كما فعل رسول الله ﷺ . ثم أمر الجند بأن لا يحملوا السيوف إِلا متقلّديها،
(١) في هذا القول نظر، ولعمي العلامة الدكتور ناجي معروف طيب الله ثراه مقالة عنوانها: دور حديث قبل النورية (بشار). (٢) أ: أمرائه. (٣) أ: بإذن. (٤) تقدمت ترجمته في وفيات سنة ٥٦٨. (٥) تقدمت ترجمته في وفيات سنة ٥٦٤. (٦) مجد الدين أبو بكر بن الداية: هو رضيع نور الدين. كان من أعظم الأمراء منزلة عنده، وكانت حلب وحارم وجعبر من إِقطاعه. توفي سنة ٥٦٥ هـ. ابن الأثير (٩/ ١٠٨) والروضتين (١/ ١٨٠) ومختصر أبي الفداء (٣/ ٤٩). (٧) وغيرهما من الأكابر. (٨) أ، ب: أضعاف هذا، الروضتين (١/ ١٠). (٩) أ، ب: وهو متقلد، الروضتين (١/ ١١). (١٠) هو جزء من حديث طويل رواه البخاري (٦/ ١١٤) في الجهاد، باب إِذا فزعوا بالليل، والترمذي رقم (١٦٨٦) في الجهاد، باب ما جاء في الخروج عند الفزع، عن أنس بن مالك ﵁ قال: كان النبي ﷺ أحسن الناس، وأجود الناس، وأشجع الناس، قال: وقد فزع أهل المدينة، سمعوا صوتًا، قال: فتلقاهم رسول الله ﷺ على فرس لأبي طلحة عُرْي (وهو متقلِّد سيفه) فقال: "لم تراعوا، لم تراعوا" فقال النبي ﷺ : "وجدته بحرًا" يعني: الفرس، والمعنى: ينبغي لأمير العسكر أن يكشف الخبر بنفسه أو بمن يندبه لذلك. (١١) عن ط وحدها. (١٢) أ: ربط. (١٣) أ: في. (١٤) أ: ولا يفعلون هكذا.

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