Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un jour, il partit à cheval avec l’un de ses compagnons, alors que le soleil était dans leur dos et que leurs ombres se projetaient devant eux, inaccessibles. Puis ils firent demi-tour, et l’ombre se retrouva cette fois derrière eux. Le roi Nūr al-Dīn lança alors sa monture à vive allure et, se retournant sans cesse pour observer son ombre qui le suivait, il déclara à son compagnon : « Sais-tu à quoi j’ai comparé ce qui nous arrive ? Je l’ai assimilé à ce bas monde : il fuit devant celui qui le recherche et recherche celui qui s’en détourne. »

À ce propos, on a récité (sur le mètre al-Raml) :

« L’exemple de la subsistance que tu poursuis / Est tel l’ombre qui avance avec toi ;
Jamais tu ne la rejoins, malgré tes efforts, / Mais quand tu t’en détournes, elle te rattrape. »

Nūr al-Dīn était juriste (faqīh) suivant l’école d’Abū Ḥanīfa ; il entendit des ḥadīth et les transmit. Il priait souvent la nuit, depuis la dernière partie de la nuit (sahar) jusqu’à ce qu’il monte à cheval. À son sujet, on cita ce vers (sur le mètre al-Kāmil) :

« Il alliait le courage et la dévotion envers son Seigneur ; / Qu’il est sublime de voir des vaillants en prière dans le miḥrāb ! »

Son épouse, ‘Iṣmat al-Dīn Khātūn, fille de l’atābak Muʿīn al-Dīn Unur, priait également de longues heures durant la nuit. Une fois, elle s’endormit et manqua la partie de récitation (wird) à laquelle elle était habituée ; au matin, elle en conçut une grande contrariété. Lorsque Nūr al-Dīn l’interrogea à ce sujet, elle expliqua que son sommeil l’avait empêchée d’accomplir sa récitation. Aussitôt, Nūr al-Dīn ordonna de faire sonner le tambour (ṭablkhāna) dans la citadelle à l’heure du sahar, pour la réveiller, elle et ceux qui, comme elle, veillaient en prière. Il accorda au tambourinaire une rémunération généreuse et une importante allocation.

Sur ce thème, il fut dit (sur le mètre al-Basīṭ) :

« Puisse Dieu envelopper ces ossements de Son pardon et de Sa miséricorde, / Quoique déjà dissous sous la terre ;
Puisse-t-Il abreuver la terre où ils reposent d’une grâce généreuse, / De sorte que leurs sépulcres soient emplis d’un souffle de vie et d’un parfum bienfaisant. »

(1) Dans l'édition : « et l'ombre ». (2) Dans l'édition : « puis Nawr al-Dīn a rapporté ». (3) Se trouve uniquement dans l'édition. (4) Dans l'édition : « il a dit ». (5) Les deux vers sont dans al-Rawḍatayn (1/6). (6) Dans l'édition : « pressé ». (7) Dans l'édition : « nombreux ». (8) D'après Mukhtaṣar Abī al-Fidāʼ (3/55). (9) Le vers se trouve dans al-Rawḍatayn (1/6), Mukhtaṣar Abī al-Fidāʼ et Kāmil ibn al-ʿAthīr (9/125). (10) Dans l'édition : « ʿindahu » ; c'est une erreur de copie dans l'édition. (11) Ainsi dans l'édition : « al-Shujjāʿān », alors que dans le texte originel il s'agit de « al-Miḥrāb », et le vers est aussi dans Mukhtaṣar Abī al-Fidāʼ et Kāmil ibn al-ʿAthīr. (12) Sa notice biographique sera donnée dans Wafayāt, année 581, de ce volume. (13) Formulation de l'édition : « puis il a mentionné son sommeil qu'elle a manqué et son réveil ». (14) Dans l'édition : « pour réveiller le dormeur à ce moment ». (15) Les deux vers sont dans al-Rawḍatayn (1/4).
وركب يومًا مع بعض أصحابه، والشمس في ظهورهما وظلهما (١) بين أيديهما لا يدركانه، ثم رجعا فصار الظلّ وراءهما، فساق (٢) الملك نور الدين [فرسه سوقًا عنيفًا] (٣) ، وجعل يلتفت وراءه وظلُّه يتبعه، ثم قال (٤) لصاحبه: أتدري ما شبَّهت هذا الذي نحن فيه؟ قد شبهت ما نحن فيه بالدنيا تهرب ممن يطلبها، وتطلب من يهرب منها، وقد أنشد بعضهم في هذا المعنى: [من الرمل] (٥) مَثَلُ الرّزْقِ الّذي تَطْلبُهُ … مَثَلُ الظِّلِّ الَّذِي يَمْشِي مَعَكْ أَنْتَ لَا تُدْرِكُهُ مُتَّبِعًا (٦) … فَإِذَا وَلَّيْتَ عَنْهُ تَبِعَكْ وكان فقيهًا على مذهب أبي حنيفة، وسمع الحديث وأسمعه، وكان يكثر (٧) الصلاة بالليل من وقت السحر إِلى أن يركب، [فكان كما قيل] (٨) : [من الكامل] (٩) جَمَعَ الشَّجاعَةَ والخُشُوعَ لِرَبِّهِ (١٠) … ما أَحْسَنَ الشُّجْعَانَ (١١) في المِحْرَابِ وكذلك كانت زوجته عصمة الدين (١٢) خاتون بنت الأتابك معين الدين أُنر تكثر القيام الليل، فنامت ذات ليلة عن وردها، فأصبحت وهي غضبى، فسألها نور الدين عن أمرها، فذكرت ما حصل لها من النوم الذي قطعها عن وردها (١٣) ، فأمر نور الدين بضرب طبلخانة في القلعة وقت السحر ليوقظها وأمثالها من النوم (١٤) لقيام الليل، وأعطى الضارب على الطبلخانة أجرًا جزيلًا وجراية كثيرة: [من البسيط] (١٥) فَأَلْبَسَ اللهُ هاتيكَ العِظامَ وَإِنْ … بَلَيْنَ تَحْتَ الثَّرى عَفْوًا وغُفْرانا سَقَى ثَرىً أَوْدَعُوهُ رَحْمَةً مَلأَتْ … مَثْوَى قُبُورِهِمُ رُوحًا وَرَيْحانا
(١) في ط: والظل. (٢) في ط: ثم ساق نور الدين. (٣) عن ط وحدها. (٤) في ط: فقال. (٥) البيتان في الروضتن (١/ ٦). (٦) في ط: مستعجلًا. (٧) في ط: كثير. (٨) عن مختصر أبي الفداء (٣/ ٥٥). (٩) البيت في الروضتين (١/ ٦) ومختصر أبي الفداء وكامل ابن الأثير (٩/ ١٢٥). (١٠) في ط: لديه، وهي من تصحيفات ط. (١١) كذا في ط: الشجعان، وفي الأصل: المحراب والبيت في مختصر أبي الفداء وكامل ابن الأثير. (١٢) سترد ترجمتها في وفيات سنة ٥٨١ من هذا الجزء. (١٣) عبارة ط: فذكرت نومها الذي فوت عليها وردها. (١٤) في ط: لتوقظ النائم ذلك الوقت. (١٥) البيتان في الروضتين (١/ ٤).

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