Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La Grande Mosquée était alors en ruines, et l’on confia son administration au juge Kamāl al-Dīn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh al-Shahrazūrī al-Mawṣilī (1) qui venait d’arriver. On lui décerna ensuite la charge de Qāḍī al-quḍāt (juge suprême) à Damas. Il remit de l’ordre dans les affaires du sanctuaire, rouvrit les quatre sites commémoratifs où se trouvaient les réserves de la Grande Mosquée depuis l’incendie de l’an 461 de l’Hégire, et il intégra aux fondations religieuses déjà connues (2) de la Mosquée celles dont les fondateurs ou les conditions d’origine étaient ignorés. Il réunit le tout sous un seul registre qu’il appela (3) « Māl al-maṣāliḥ », et il en affecta les revenus aux personnes dans le besoin, aux pauvres, aux démunis, aux veuves, aux orphelins et à toute autre catégorie semblable.

Quant au roi Nūr al-Dīn (qu’Allah lui accorde Sa miséricorde), il avait une belle écriture, lisait souvent des ouvrages religieux, suivait la tradition prophétique, remplissait assidûment les prières en assemblée (4), récitait fréquemment le Coran, aimait accomplir de bonnes actions, préservait sa chasteté tant dans sa nourriture que dans ses désirs, et se montrait modéré dans ses dépenses pour lui-même, sa famille et ses proches en matière de nourriture et de vêtements. Il était dit que le plus humble des pauvres de son époque vivait avec plus de moyens que lui, sans qu’il ne thésaurise ou ne s’approprie quoi que ce soit de ce monde. Jamais on ne l’entendit proférer de parole grossière, ni en colère ni satisfait, et il était économe de mots et d’un grand calme.

Ibn al-Athīr (5) a rapporté que, parmi les rois de l’islam (6) venus après ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, nul ne fut comparable à Nūr al-Dīn ni plus soucieux de justice et d’équité. Il consulta les savants pour savoir quelle part du Trésor public lui revenait légitimement et ne dépassa jamais ce montant, quand bien même il en serait mort de faim. Il possédait (7) à Ḥimṣ des boutiques qu’il avait acquises grâce à sa part du butin et dont il tirait sa subsistance. Les loyers en furent augmentés pour sa femme lorsqu’elle les jugea insuffisants pour elle.

Il jouait souvent à la balle (8) et fut réprimandé par l’un des pieux qui le mettait en garde. Il répondit : « Les actions ne valent que par les intentions ; je ne cherche qu’à exercer les chevaux au charge et à la retraite, et jamais nous ne délaissons le jihād. » Il ne portait pas de soieries et se nourrissait de ce qu’il gagnait de sa main par son sabre et sa lance (9). Qu’Allah lui fasse miséricorde.

(1) Sa biographie sera reprise dans les Wafayāt de l'année 572 de ce livre. (2) Il n'y est pas dans B. (3) Dans B : Ṭ et Wasim. (4) Dans B : les prières et les assemblées. (5) Le rapport dans le Kāmil d'Ibn al-ʿAṯīr (9/125) contredit la narration. (6) D'après A uniquement. (7) Dans Ṭ : « et il augmenta ce qu'il devait à son épouse pour ses dépenses ». Le rapport est présenté sous une autre forme dans le Kāmil d'Ibn al-ʿAṯīr (9/125). (8) Dans Ṭ : un homme parmi les pieux nobles. (9) La formulation dans Ṭ : l'entraînement des chevaux au combat et à la retraite et leur enseignement à cet égard.
وكان الجامع داثرًا فولّى نظره القاضي كمال الدين محمد بن عبد الله الشهرزوري الموصلي (١) الذي قدم به فولاه قضاء القضاة بدمشق، فأصلح أموره، وفتح المشاهد الأربعة، وقد كانت حواصل الجامع بها من حين احترقت في سنة إِحدى وستين وأربعمائة، وأضاف إِلى أوقاف [الجامع المعلومة الأوقاف] (٢) التي لا يعرف واقفوها، ولا يعرف شروطهم فيها، وجعلها قلمًا واحدًا، وسمّاه (٣) : مال المصالح، ورتب عليه لذوي الحاجات والفقراء والمساكين والأرامل والأيتام وما أشبه ذلك وشاكله. وقد كان الملك نور الدين (رحمه الله) حسن الخطّ، كثير المطالعة للكتب الدينية، متَّبعًا للآثار النبويّة، محافظًا على الصلوات في الجماعات (٤) ، كثير التلاوة، محبًا لفعل الخيرات، عفيف البطن والفرج، مقتصدًا في الإنفاق على نفسه وأهله وعياله في المطعم والملبس، حتى قيل: إِنه كان أدنى الفقراء في زمانه أعلى نفقة منه، من غير اكتناز ولا استئثار بالدنيا، ولم تسمع منه كلمة فحش قط، في غضب ولا رضا، صموتًا وقورًا. قال ابن الأثير (٥) : لم يكن [في ملوك الإسلام] (٦) بعد عمر بن عبد العزيز مثل ملك نور الدين ولا أكثر تحرّيًا للعدل والإنصاف منه. كان قد استفتى العلماء في مقدار ما يحلّ له من بيت المال فكان يتناوله ولا يزيد عليه شيئًا، ولو مات جوعًا. وكانت (٧) له دكاكين بحمص قد اشتراها مما يخصّه من المغانم، فكان يقتات منها، فزاد كراها لامرأته على نفقتها حين استقلّتها عليها. وكان يكثر اللعب بالكرة، فعاتبه بعض (٨) الصالحين في ذلك فقال: إِنما الأعمال بالنيات، وإِنما أريد بذلك تمرين الخيل وتعليمها (٩) على الكرّ والفر، ونحن لا نترك الجهاد. وكان لا يلبس الحرير، ويأكل من كسب يده بسيفه ورمحه، (رحمه الله) .
(١) سترد ترجمته في وفيات سنة ٥٧٢ من هذا الكتاب. (٢) ليس في ب. (٣) في ب، ط: وسمي. (٤) في ب: الصلوات والجماعات. (٥) الخبر في الكامل لابن الأثير (٩/ ١٢٥) بخلاف في الرواية. (٦) عن أ وحدها. (٧) في ط: وزاد امرأته من كراها على نفقتها عليها، الخبر بصيغة أخرى في الكامل لابن الأثير (٩/ ١٢٥). (٨) في ط: رجل من كبار الصالحين. (٩) العبارة في ط: تمرين الخيل على الكر والفر وتعليمها ذلك.

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