Il était de rite hanafite. Il aimait les savants et les personnes démunies, les honorait, les respectait et leur faisait du bien. Il rendait la justice avec équité et observait la loi sacrée. Il organisait des séances de justice qu’il présidait lui-même, en présence du juge, des savants du droit (fuqahā’) et des muftis de tous les madhhabs. Il siégeait chaque mardi dans la mosquée suspendue située au kashk (2), afin que toute personne, musulmane ou dhimmie, puisse accéder à lui, y compris leurs femmes.
Il fit ceinturer d’un rempart le quartier juif qui était alors en ruines. Il ferma la porte de Kīsān (5) et ouvrit la porte d’al-Faraj, là où il n’y en avait pas auparavant. Il fit prévaloir la sunna dans ses terres et supprima les innovations (bid‘a). Il ordonna qu’à Alep (6) l’appel à la prière se fasse avec « Hayya ‘alā ṣ-ṣalāh, Hayya ‘alā l-falāḥ », au lieu de « Hayya ‘alā khayr al-‘amal » qui était pratiqué durant les règnes de son père et de son grand-père, car l’emblème des Rawāfiḍ y était alors répandu.
Il appliqua les peines légales (ḥudūd), reprit des forteresses, battit les Francs à plusieurs reprises (9) et arracha de leurs mains de nombreux bastions puissants qu’ils avaient conquis sur les terres (10) musulmanes, comme il a été longuement relaté dans les années précédentes [de son règne] (11). Il attribua des concessions (iqṭāʿ) aux émirs arabes afin qu’ils ne s’attaquent plus aux pèlerins.
À Damas, il construisit un hôpital (maristān) d’une magnificence inégalée en Syrie avant comme après lui (13). Il institua une fondation pieuse (waqf) pour enseigner l’écriture et la lecture aux orphelins, leur fournir subsistance et vêtements, et pour ceux qui leur feraient la lecture du Coran. Il en établit également pour ceux qui se consacraient à la prière dans les deux Lieux saints. [Il avait des fondations charitables abondantes pour toute forme de bien, ainsi que pour les veuves et les nécessiteux] (14).