Ma lamentation pour l’époque de l’imam al-‘Āḍid est telle la peine d’une personne stérile face à la perte de l’être unique. J’ai fréquenté ses vizirs et côtoyé, parmi ses émirs, des hommes dignes de louanges impérissables.
(1) Hélas pour les chambres de ton palais, ô fils du Prophète, lorsqu’elles se vidèrent de la foule des visiteurs ! Et hélas pour ta solitude sans tes armées (2) qui ressemblaient autrefois aux vagues d’un immense océan immobile. Tu as confié leurs affaires à celui qui était censé être l’homme sûr du califat (3), mais il faillit et se montra incapable de remédier à ce qui était corrompu. Puissent les jours vous rendre (4) les bienfaits auxquels vous étiez accoutumés.
Il dit encore, dans un ensemble (5) de poèmes (6) en mètre basīṭ :
« Ô toi qui me blâmes d’aimer les fils de Fāṭima, à toi le reproche si jamais tu cesses de me blâmer. Par Dieu, rends-toi sur l’esplanade des deux palais et pleure avec moi sur leur sort, plutôt que de pleurer pour (7) Ṣiffīn et la Bataille du Chameau. Dis-leur : Par Dieu, mes plaies ne se sont point refermées à votre égard, et mes blessures ne sont toujours pas cicatrisées. Que penses-tu donc que feraient les Francs à l’égard de la descendance (8) des membres de la famille d’Ali, le Commandeur des Croyants ? »
Le cheikh Shihāb al-Dīn Abū Shāma a rapporté dans « al-Rawḍatayn » nombre de ces vers d’ʿUmāra al-Yamanī et de ses panégyriques consacrés aux califes fāṭimides et à leurs proches (9), et il en fut de même pour le juge Ibn Khallikān.
Ibn Qurqūl (10) : il s’agit d’Ibrāhīm ibn Yūsuf ibn Ibrāhīm ibn ʿAbd Allāh ibn Bādīs ibn al-Qāʾid al-Ḥamzī (11), Abū Isḥāq, surnommé Ibn Qurqūl al-Andalusī, auteur du « Maṭāliʿ al-Anwār », qu’il composa en marge du livre « Mashāriq ».