Al-ʿImād rapporta dans Al-Kharīda (1) qu’il composa un poème dont le premier vers est (mètre al-basīt) :
« La science, depuis qu’elle existe, a besoin d’un érudit,
Tandis que la lame de l’épée se passe de la plume. »
C’est un poème très long qui comporte beaucoup de mécréance (kufr) et d’hérésie (zandaqa). Il y dit (2) :
« Au commencement, cette religion venait d’un homme
Qui s’employa de telle sorte qu’on l’appela “le Seigneur des nations”. »
Al-ʿImād rapporte que les savants d’Égypte (3) prononcèrent une fatwā autorisant son exécution et incitèrent le sultan à lui infliger un châtiment exemplaire (4). Il est possible que ce vers ait été inventé à son propos ; Dieu sait mieux (5).
Ibn al-Sāʿī mentionna ensuite quelques-uns de ses vers délicats, dont ceux-ci, qu’il adresse en éloge à l’un des rois (6) (mètre al-kāmil) :
« Quel roi ! Lorsque je rencontre l’éclat de son front,
Je repars, cet éclat rayonnant désormais sur mon propre front.
Quand je baise sa main droite et quitte ses portails (7),
C’est alors que les rois viennent baiser ma propre main. »
Il cita aussi certains de ses vers amoureux (8) (mètre al-basīt) :
« J’ai mes excuses dans mon amour pour ce gracieux au charme virginal :
Depuis que mes larmes ont avoué (9), il ne me reste plus de déni.
De ses tailles fines, du baiser de ses joues et de l’étreinte de sa poitrine
Tiennent mes convoitises et mes aspirations.
C’est là mon choix : approuve-le si tu l’acceptes
Ou, sinon, laisse-moi à ce (10) que j’aime et que je choisis. »
Parmi les vers récités par le shaykh Tāj ad-Dīn al-Kindī au sujet de ʿImāra al-Yamanī, lors de sa crucifixion (11) (mètre at-tawīl), figurent ceux-ci :
« ʿImāra montra en islam une traîtrise (12),
Et s’engagea alors dans un pacte, avec serment et croix. »