J’ai demandé : « Depuis quand l’avez-vous trouvé mort ? » Il répondit : « Depuis trois cents ans. » J’ai repris : « Son corps a-t-il subi un changement ? » Il répondit : « Non, hormis quelques poils à l’arrière de son cou. En vérité, la terre ne corrompt pas la chair des prophètes et les bêtes sauvages ne la dévorent pas. »
Cette chaîne de transmission est authentique d’après Abou Al-‘Alia. Toutefois, si l’on affirme qu’il est décédé depuis trois cents ans, il ne peut s’agir d’un prophète ; c’est plutôt un homme pieux, car, selon le hadith rapporté dans Al-Boukhârî(1), aucun prophète ne s’est intercalé entre ‘Issa ibn Maryam et le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui). On rapporte par ailleurs que l’intervalle entre eux était de quatre cents ans, certains disant six cents, et d’autres six cent vingt ans.
Il se peut cependant que sa mort remonte à huit cents ans, ce qui se rapprocherait de l’époque de DânYâl, si c’est effectivement lui ; car il peut s’agir d’un autre homme, soit un prophète, soit un juste. Cependant, l’opinion la plus répandue est qu’il s’agisse de DânYâl, parce que celui-ci avait été détenu par le roi des Perses, comme mentionné plus haut.
Il est rapporté, selon une chaîne authentique qui remonte à Abou Al-‘Alia, que la longueur de son nez était d’un empan. D’après Anas ibn Mâlik, selon une bonne chaîne de transmission, la longueur de son nez était d’une coudée(3) — et Dieu sait mieux. À cet égard, il est possible qu’il soit un prophète de l’Antiquité, antérieur à ces époques(4). Dieu sait mieux.
Abou Bakr ibn Abî Al-Dounyâ a déclaré dans son ouvrage « Ahkâm Al-Qoubour »(5) : « Abou Bilâl Muhammad ibn Al-Hârith ibn ‘Abdallah ibn Abî Bourdah ibn Abî Moussa Al-Ach‘arî nous rapporta d’Abou Al-Qâsim ibn ‘Abdallah, d’après Abou Al-Ach‘ath Al-Ahmarî, qui rapporte ces propos du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) : “Dânyâl invoqua son Seigneur (qu’Il soit exalté) afin que la communauté de Muhammad l’ensevelisse. Lorsque Abou Moussa Al-Ach‘arî conquit Tustar, il le trouva dans un cercueil, avec ses artères et ses veines encore visibles. Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) avait dit : ‘Annoncez la bonne nouvelle du Paradis à celui qui m’indiquera Dânyâl.’ Celui qui le désigna se nommait Houriqous. Abou Moussa écrivit alors à ‘Oumar pour l’informer, et ‘Oumar lui ordonna de l’enterrer et de lui envoyer Houriqous(6), car le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) lui avait promis la bonne nouvelle du Paradis.” »
Ce hadith est mursal d’après cette chaîne, et il y a matière à s’interroger sur la solidité de sa préservation. Dieu est plus Savant.