Yazdan al-Turki (1) était l’un des plus grands émirs de Bagdad exerçant un pouvoir important dans l’État. Cependant, il était un rafidite malfaisant, fanatiquement dévoué aux Rawafid, qui bénéficièrent ainsi de sa protection (2) et de son influence, jusqu’à ce que Dieu délivre les musulmans de lui cette année-là, au mois de Dhou al-Hijja. Il fut enterré chez lui, puis transféré aux cimetières de Quraysh, et louange et grâce à Dieu pour cela. À sa mort, les gens de la Sunna se réjouirent vivement et exprimèrent leur gratitude envers Dieu, si bien qu’il n’y en avait pas un qui ne Le louait. Cette attitude mit les chiites (3) en colère et provoqua des troubles entre eux.
Ibn al-Sa‘î rapporte dans son « Histoire » qu’il était, dans sa jeunesse, un beau garçon, plein d’attraits, et qu’il comptait parmi les favoris de l’élite. Il déclare : « Notre maître Abû al-Yaman al-Kindî (4) composa à son sujet, alors qu’il souffrait d’une affection à l’œil :
[du mètre at-Tawîl]
« Chaque matin et chaque soir, je me tiens à vos portes et vous adresse mon salut ;
On m’a dit qu’il se plaint d’un mal à l’œil : eh bien, c’est aussi notre plainte et nous sommes lésés. » (5)
[Puis vint l’année cinq cent soixante-neuf]
Ibn al-Jawzî rapporte dans « Al-Muntazam » (6) qu’il tomba à Bagdad (7) une grêle de gros grêlons comparables à des oranges, dont certains atteignaient sept livres. Après quoi (8) survint un torrent considérable (9) et une crue exceptionnelle du Tigre (10), dont on n’avait jamais vu l’équivalent : elle (11) détruisit (12) une grande quantité de constructions, de villages et de terres cultivées, touchant même les tombes. Les gens sortirent dans la plaine, et les désastres se multiplièrent