J’érige mes étendards sur ses remparts… et je ravive par là-même ce que mon aïeul avait jadis fondé. Mon nom sera prononcé sur toute chaire… et je manifesterai la religion de Dieu aussi bien dans la plaine que sur les hauteurs.
Or cette prétention n’est pas correcte : elle n’a ni fondement fiable sur lequel on puisse s’appuyer, ni autorité à laquelle on puisse se référer. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’émir Najm ad-Dîn était plus âgé que son frère Asad ad-Dîn Shîrkûh, et qu’il naquit sur le territoire de Mossoul. L’émir Najm ad-Dîn était courageux, vaillant, et il servit le roi Muḥammad ibn Malikshāh, lequel remarqua sa vaillance et sa loyauté, et le désigna pour gouverner la citadelle de Tikrît. Il y exerça son autorité avec justice et se montra parmi les hommes les plus généreux. Ensuite, le roi concéda cette citadelle à Mujāhid ad-Dîn Bihrūz, gouverneur de l’Irak, et celui-ci s’y maintint. À certaines occasions, le roi ‘Imād ad-Dîn Zankī, en fuite devant Qarāja as-Sāqī, fit étape auprès de Najm ad-Dîn, qui l’accueillit et le servit avec le plus grand dévouement, prit soin de panser ses blessures, et le roi séjourna chez lui durant quinze jours avant de repartir vers sa terre natale, Mossoul.
Il arriva ensuite que Najm ad-Dîn Ayyūb réprimanda un homme de confession chrétienne puis le tua. Certains rapportent cependant que c’est son frère, Asad ad-Dîn Shîrkûh, qui l’aurait tué. Cette version diffère de ce qu’a relaté le qāḍī Ibn Khallikān, car, selon lui, une servante parmi les domestiques revint en affirmant que le commandant posté à la porte de la citadelle s’était mal conduit envers elle. Alors Asad ad-Dîn Shîrkûh sortit à sa rencontre, le transperça d’une lance et le tua. Puis son frère, Najm ad-Dîn Ayyūb, le jeta en prison et écrivit à Mujāhid Bihrūz pour l’informer de la situation, et celui-ci lui répondit en ces termes