Il fut l’esclave de Kamāl as-Sumayrīmī (1), le vizir du sultan Maḥmūd. Lorsque Maḥmūd le fit exécuter, ce Ildikuz obtint la faveur du sultan Maḥmūd. Par la suite, il s’éleva et s’affermit au point de régner sur les territoires d’Azerbaïdjan, la région du Jabal et d’autres encore. Il fut un souverain juste, équitable, courageux et bienfaisant envers ses administrés. Il décéda cette année-là à Hamadhān.
L’émir Najm ad-Dīn, Abū ach-Chukr, Ayyūb ibn Shādhī (2), père des rois ayyoubides, appartenait aux Kurdes dūzdārī (3), réputés être parmi les meilleurs des Kurdes. On l’appelait également ad-Dūwīnī, par référence à Dūwīn (4), au nord des terres d’Azerbaïdjan, non loin d’al-Karaj.
Certains ont dit qu’Ayyūb était le fils de Shādhī ibn Marwān. D’autres ont ajouté, après Marwān, “ibn Yaʿqūb”. Or, la majorité (5) soutient qu’au-delà de Shādhī, on ne connaît personne dans leur ascendance. Un point de vue singulier prétend qu’ils descendraient de Marwān ibn Muḥammad al-Jaʿdī, le dernier calife omeyyade. Mais cela n’est pas exact. Celui que l’on accuse d’une telle revendication est le roi Abū al-Fiḍāʾ Ismāʿīl ibn Ṭughtakīn ibn Ayyūb ibn Shādhī, connu sous le nom d’Ibn Sayf al-Islām, qui régna sur le Yémen après son père. Il s’enorgueillit alors, se proclama calife, prit le titre d’al-Imām al-Hādī bi-Nūr Allāh [al-Muʿizz li-Dīn Allāh, Amīr al-Muʾminīn] et déclara qu’il était omeyyade. Des poètes le célébrèrent et l’encensèrent à ce sujet, et ils le glorifièrent en ces termes. Lui-même composa également :
[du mètre at-ṭawīl]
« En vérité, je suis al-Hādī, le calife, et celui qui
… foule la nuque des puissants chevaux de bataille.
Il faudra bien que je foule un jour les demeures de Bagdad,
et que je la déploie comme un marchand étale ses étoffes. »