Mention (1) d’une partie du récit de Daniel (paix sur lui)
Ibn Abî al-Dunyâ a dit : « Nous raconta Aḥmad ibn ‘Abd al-A‘lā al-Shaybânî qui déclara : si je ne l’ai pas entendu de Shu‘ayb ibn Ṣafwân, alors c’est l’un de nos compagnons qui me l’a rapporté de lui, d’après al-Ajlaḥ al-Kindî, d’après ‘Abd Allâh ibn Abî al-Hudhayl, qui a dit :
“Nabuchodonosor (Bukhṭ Naṣṣar) a mis en rage deux lions et les a jetés dans une fosse. Il a ensuite amené Daniel et l’a précipité sur eux, mais ils ne l’ont pas attaqué (2). Daniel y resta autant que Dieu le voulut. Puis il eut envie de ce dont l’être humain désire en nourriture et en boisson. Dieu révéla alors à Jérémie (Armiya), qui se trouvait en Syrie, de préparer de la nourriture et de la boisson pour Daniel. Jérémie s’écria : ‘Ô mon Seigneur, je suis en terre sainte, tandis que Daniel est dans le pays de Babylone en Irak !’ Dieu lui révéla : ‘Prépare ce que Nous t’avons ordonné, car Nous enverrons celui qui te portera, toi et ce que tu auras préparé.’ Jérémie obéit, et Dieu envoya qui le porta, lui et ce qu’il avait apprêté, jusqu’à ce qu’il se tint au-dessus de la fosse. Il cria : ‘Daniel ! Daniel !’
— ‘Qui est-ce ?’ demanda Daniel.
— ‘C’est moi, Jérémie.’
— ‘Qu’est-ce qui t’amène ?’
— ‘Ton Seigneur m’a envoyé vers toi.’
— ‘Mon Seigneur m’a-t-Il donc rappelé ?’
— ‘Oui.’
Daniel dit alors : ‘Louange à Dieu qui n’oublie pas celui qui se souvient de Lui ! Louange à Dieu qui ne déçoit pas celui qui met en Lui son espoir ! Louange à Dieu qui, quand on se confie à Lui, ne nous abandonne pas à autrui ! Louange à Dieu qui récompense la bienfaisance par la bienfaisance ! Louange à Dieu qui, grâce à la patience, accorde le salut ! Louange à Dieu qui dissipe notre détresse après l’épreuve ! Louange à Dieu qui nous protège quand nous sommes inquiets à cause de nos actes ! Louange à Dieu qui demeure notre espoir quand tous les moyens sont rompus !’
”
Il dit encore : “Je n’ai pas vu qu’il fût fait mention de l’arrivée auprès de Daniel du repas qu’avait préparé Jérémie et qu’il désirait (3).”
Yûnus ibn Bukayr a rapporté, d’après Muḥammad ibn Isḥâq, d’après Abû Khalda Khâlid ibn Dînâr (4), d’après Abû al-‘Âliyah, qui a dit :
“Lorsque nous avons conquis Tustar, nous avons trouvé dans les biens de la maison d’al-Hurmuzân un lit sur lequel reposait un homme mort, avec à sa tête un feuillet (muṣḥaf). Nous avons pris ce feuillet et l’avons emporté auprès de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb. Celui-ci fit alors appeler Ka‘b, qui le recopia en arabe. J’ai été le premier parmi les Arabes à le lire, et je l’ai lu comme je lis ce Coran.
— ‘Que contenait-il ?’ demandai-je à Abû al-‘Âliyah.
— ‘Vos récits, vos affaires, la forme de vos discours, et ce qui adviendra plus tard.’
— ‘Et qu’avez-vous fait de l’homme ?’
— ‘Nous avons creusé, de jour, treize tombes dispersées, puis, la nuit venue, nous l’avons enterré et avons nivelé toutes les tombes pour tromper les gens et les empêcher de le déterrer.’
— ‘Que cherchaient-ils à obtenir de lui ?’
— ‘Quand le ciel leur refusait la pluie, ils exposaient son lit et se mettaient alors à recevoir la pluie.’
— ‘Qui croyiez-vous donc que cet homme fût ?’
— ‘Un homme que l’on appelait Daniel.’”