Et cette année :
Le roi Ṣalāḥ al-Dīn (Saladin) assiégea al-Karak et ash-Shawbak en exerçant une forte pression sur leurs habitants (1). Il détruisit de nombreuses installations (2), mais ne parvint pas à s’en emparer cette année-là.
La même année, les Francs se rassemblèrent en Syrie pour attaquer la ville de Zar‘ (3). Ils atteignirent Shamskīn (4), et Nūr al-Dīn sortit à leur rencontre. Ils s’enfuirent devant lui vers le Ghawr, puis vers le Sawād (5), puis jusqu’à al-Shallāla (6). Alors, il dépêcha un détachement sur Tibériade ; celui-ci sema la dévastation, captura des prisonniers, tua, prit du butin et revint [Dieu les ayant préservés] (7). Les Francs (8) revinrent bredouilles — que la malédiction de Dieu soit sur eux tous. Al-ʿImād al-Kātib écrivit, à cette occasion, un poème (9) retentissant au sujet de cette expédition.
[Conquête du pays de Nubie]
Cette même année, le roi Ṣalāḥ al-Dīn envoya son frère Shams al-Dawla Tūrān Shāh (10) en pays de Nubie, qu’il conquit. Il s’empara de sa forteresse, un bastion appelé Ibrīm (11). Lorsqu’il s’aperçut que c’était une localité de peu d’intérêt, dont les revenus (12) ne couvraient pas ses frais, il désigna pour gouverner ladite forteresse un homme d’origine kurde, Ibrahim, qu’il établit commandant au fort d’Ibrīm. Il fut rejoint par un groupe de Kurdes inoccupés, si bien que leurs richesses s’accrurent et leur situation s’améliora sur place. Ils lancèrent des raids et obtinrent butin et joies. Louange à Dieu (13), par Sa grâce s’accomplissent les bonnes actions.