Il mourut durant le mois de Shaʿbân de cette année et fut enterré non loin de l’imam Aḥmad(1). On le vit en rêve et on lui demanda : « Qu’est-ce que Dieu a fait de toi ? » Il répondit : « Il m’a pardonné et m’a fait entrer au paradis ; cependant, Il s’est détourné de moi et d’un groupe de savants qui avaient délaissé la pratique pour s’occuper exclusivement de l’argumentation. »
Le qâḍî Ibn Khallikân(2) dit : « Il était dépourvu de toute affectation(3) dans sa nourriture et son habillement, et il ne se souciait nullement de ceux qui l’encensaient ou le blâmaient, [qu’Allah lui fasse miséricorde](4). »
Muḥammad ibn Muḥammad [ibn Muḥammad](5), Abū al-Muẓaffar(6) al-Barawī(7) : Il fit son apprentissage auprès de Muḥammad ibn Yaḥyā, disciple d’al-Ghazālī ; il débattit et prêcha à Bagdad. Il affichait ouvertement le madhhab ashʿarite et s’exprimait à propos des ḥanbalites. Il mourut au mois de Ramaḍān de cette même année.
Nāṣir ibn al-Khuwiyy(8), le soufi(9) : il parcourait de longues distances à la recherche du ḥadīth, en marchant pieds nus. Il s’éteignit à Bagdad, qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Ibn Qalāqas(10), le poète] : Le shaykh Shihāb al-Dīn Abū Shāma(11) déclara : « Cette année-là, Naṣr(12) ibn… mourut. »
(1) N’y figure pas dans B.
(2) Ces propos ne figurent pas dans les manuscrits imprimés des « Wafayāt al-Aʿyān ».
(3) T : forme pour l’assistance.
(4) Absent dans T.
(5) Absent dans A.
(6) Sa biographie se trouve dans « al-Muntaẓam » (t. 10, p. 239), Ibn al-ʿAṭīr (t. 9, p. 114), « Wafayāt al-Aʿyān » (t. 4, pp. 225-226), « Tārīkh al-Islām » (t. 12, pp. 381-382), « al-ʿIbar » (t. 4, p. 200), « al-Wāfī » (t. 1, p. 279) et « Mirʾāt al-Janān » (t. 3, pp. 382-383). Ibn al-Jawzī le surnomma Abū al-Muẓaffar, tandis qu’Ibn Khallikān le dénomma Abū Manṣūr. Quant à Ibn ʿAsākir, il le nomma Abū Ḥāmid dans son « Tārīkh Dimashq » (t. 55, p. 204) et c’est selon lui que adh-Dhahabī s’est référé.
(7) T : al-Dawā. Il s’agit d’une erreur de transcription. Ibn Khallikān a indiqué : « al-Burawī », avec un bāʾ initial, suivi d’un rāʾ et d’un wāw ; je ne sais à quelle origine ce nisba fait référence, il n’est pas mentionné dans as-Samʿānī, et j’estime qu’il provient probablement des environs de Ṭūs, Dieu sait mieux. Dans « al-Shadharāt » (t. 4, p. 224) : « al-Burawī » s’écrit avec un bāʾ emphatique, un rāʾ doublé et vocalisé, et serait un nisba lié à Barrūya, le grand-père. Dans « Mirʾāt az-Zamān » : Muḥammad ibn Muḥammad ibn Muḥammad est désigné trois fois comme al-Baghawī, alors qu’on dit aussi al-Burawī. Je note qu’il y a une discussion au sujet de la forme d’Ibn al-ʿImād, car le nisba à Burūya est Burūyī, ce qui diffère de al-Burawī, celui-ci étant cité par as-Samʿānī mais ignoré par Ibn Khallikān.
(8) T : al-Jūnī, avec un nisba relatif à Khūayy, une des villes d’Azerbaïdjan. Cf. al-Ansāb (212/b) et « Muʿjam al-Buldān wa al-Lubāb » (t. 1, p. 472).
(9) Sa biographie est dans « al-Muntaẓam » (t. 10, p. 239).
(10) Sa biographie est dans « Khuraydat Miṣr » (t. 1, p. 145), « Muʿjam al-Adabāʾ » (t. 19, p. 226), « al-Rawḍatayn » (t. 1, p. 205), « Wafayāt al-Aʿyān » (t. 5, pp. 385-397) et « Mirʾāt al-Janān » (t. 3, pp. 383-384).
(11) « al-Rawḍatayn » (t. 1, p. 205).
(12) Dans T et « Wafayāt al-Aʿyān » : Naṣr Allāh.