Le cheikh Shihab al-Dîn Abou Châma (1) a dit : « Il entend par “al-ustâdh” (le maître) : Kâfûr l’Ikhshîdide. Quant à son expression “les descendants de ‘Alî”, il fait allusion aux Fâtimides, selon leur prétention. En réalité, ils n’étaient pas fâtimides, mais seulement des usurpateurs se réclamant d’Ubayd, dont le nom était Sa‘îd ; il était juif et travaillait comme forgeron à Salamiyya. Puis il a rappelé ce que nous avons mentionné concernant les propos des imams à leur sujet et la critique de leur ascendance. »
Il (2) a également dit : « J’ai traité cette question de façon détaillée dans le “Mukhtasar Târîkh Dimashq” (Abrégé de l’Histoire de Damas), dans la biographie d‘Abd al-Rahîm (3) ibn Ilyâs. » Puis, dans “al-Rawdatayn”, au même passage, il évoque de nombreux faits infamants à leur encontre (4), ainsi que ce qu’ils proféraient parfois ouvertement comme mécréances et calamités funestes — qu’Allah les maudisse. [J’ai moi-même rapporté quantité d’anecdotes au fil de leur histoire, dans les années précédentes, qui ferment l’ouïe et repoussent la nature (5).]
Abou Châma (6) poursuit : « J’ai composé un ouvrage indépendant que j’ai intitulé “Dévoilement de l’impiété, du mensonge, de la ruse et de la perfidie dont les Banû ‘Ubayd se rendaient coupables”. De même, nombre de savants ont rédigé de nombreux traités pour les réfuter. Parmi les plus remarquables figure l’ouvrage du cadi Abou Bakr al-Bâqillânî, qu’il a nommé “Kashf al-Asrâr wa Hakt al-Astâr” (Mettre à nu les secrets et ôter les voiles). »
Et que belle est la parole de tel poète faisant l’éloge des Banû Ayyûb pour ce qu’ils ont accompli en Égypte (7) :
[Du mètre at-Tawîl]
« N’êtes-vous pas ceux qui avaient fait cesser l’empire de l’incroyance (8)
— celui des Banû ‘Ubayd en Égypte —, car c’était bien là la mécréance ?
Ce sont des zindîqs, chiites, bâtinites, mages,
et nul lien ne les rattache aux justes.
Ils dissimulent la mécréance, feignent le chiisme
pour se masquer un tant soit peu, et l’ignorance les a tous enveloppés. »