Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils se dirigèrent également vers les contrées d’Iyās(1) et de Sīs, et ils s’emparèrent des terres d’Āmid et d’ar-Ruhā [et de Ra’s al-ʿAyn](2), ainsi que de maintes autres contrées. Ils tuèrent parmi les musulmans des foules et des peuples que Seul Dieu connaît(3), et ils réduisirent en captivité la descendance des musulmans – femmes et enfants – en un nombre incalculable et indescriptible. Or, tous ces pays avaient été conquis par les Compagnons et étaient devenus une terre d’Islam. Ils s’approprièrent en outre des biens des musulmans en quantités qu’on ne saurait décrire.

Il advint à une occasion qu’ils faillirent prendre le dessus à Damas(4), [mais Dieu la protégea par Sa sollicitude et la préserva par Sa bienveillance](5). Cependant, lorsque leurs jours prirent fin et que leurs desseins se rompirent, Dieu(6) rendit à nouveau toutes ces contrées à [leurs habitants parmi les nobles musulmans](7), par Sa Puissance, Sa Force, Sa Grâce et Sa Miséricorde. Dieu renvoya les mécréants déconfits et les retourna contre eux-mêmes à cause de leurs agissements ici-bas et dans la vie dernière.

Hassân, le poète appelé ‘Arqalah(8), a dit (dans la métrique du khafîf) :

« Après la famille de ʿAlî, la royauté
rayonne à présent sous les rois issus de la lignée de Shâdhî.
L’Orient en vient à jalouser l’Occident pour ces hommes,
et l’Égypte se targue devant Bagdad.
Rien ne leur fut acquis si ce n’est par leur ferme résolution,
appuyée par le chant du fer contre le fer.
Ce n’est pas comme Pharaon, al-ʿAzîz et tous ceux
qui autrefois y régnaient, tels al-Khaṣîb et l’Ustâdh. »

(1) La région d'Iyās n'est pas mentionnée par Yāqūt dans son encyclopédie. Ibn al-ʿAbrī dit qu'il s'agit d'une forteresse maritime dans le pays de Cilicie. J'ajoute qu'elle est toujours associée à Sīs. Yāqūt précise : Sīsiyya ; en général, ses habitants disent Sīs, qui est l'une des plus grandes villes des frontières chamiennes, située entre Antioche et Tarse, près de ʿAyn Zarbah. C'est la résidence d'Ibn Līūn, le sultan arménien de cette région. (Voir : Maʿjam al-Buldān, s.v. Sīsiyya, et Ibn al-ʿAbrī, p. 91 et 498.) (2) A : « et il s'empara de ». (3) T : « sur Ṭ seul ». (4) T : « ils ne les dénombrent pas ». (5) T : « et ils capturèrent parmi ». (6) A : « ils transportent ». (7) T : « mais que Dieu préserve ». (8) T : « toutes vers les musulmans ». (9) T : « et le poète célèbre ʿArqalah a dit ». (10) Les vers sont dans le Dīwān d’ʿArqalah (p. 37) et dans al-Rawdatan (1/200). (11) T : chādī avec un dāl, de même pour le reste des rimes. (12) Le second hémistiche commence dans T par la lettre bāʾ de ce mot, ce qui est une faute métrique. (13) Dans le Dīwān : ma ḥawāhā. (14) Dans le Dīwān et al-Rawdatan : illā bi-ḥazm waʿazm. (15) T : fī al-akbād (dans les foies). (16) Le premier hémistiche se termine dans T par ce mot, ce qui est une faute métrique. (17) T : « comme al-Khaṭīb ».
والى ذلك إِلى بلاد إِياس (١) وسيس، واستحوذوا (٢) على بلاد آمد والرُّها [ورأس العين] (٣) وبلاد شتّى غير ذلك. وقتلوا من المسلمين خلقًا وأممًا لا يعلمهم (٤) إِلا الله – Exalté soit-Il – وسبَوا (٥) ذراري المسلمين من النساء والولدان مما لا يُحَدُّ ولا يوصف، وكل هذه البلاد كانت الصحابة قد فتحوها، وصارت دار إِسلام، وأخذوا من أموال المسلمين ما لا يحدّ ولا يوصف. وكادوا مرة أن يتغلبوا (٦) على دمشق، [ولكن صانها الله بعنايته، وسلّمها برعايته] (٧) ، وحين زالت أيامهم، وانتقض إِبرامهم، أعاد الله – Exalté soit-Il – هذه البلاد كلها على [أهلها من السادة المسلمين] (٨) بحوله وقوته وجوده ورحمته، وردّ الله الكفرة خائبين، وأركسهم بما كسبوا في هذه الدنيا ويوم الدين. وقد قال حسان الشاعر المدعو (٩) بعرقلة (١٠) : [من الخفيف] أَصْبَحَ المُلْكُ بَعْدَ آلِ عَلِيٍّ … مُشْرِقًا بالمُلُوكِ مِن آل شاذي (١١) وَغَدا الشَّرْقُ يَحْسُدُ الْغَرْبَ (١٢) للقَوْ … مِ ومِصْرٌ تَزْهو عَلَى بَغْدادِ ما حَوَوْها (١٣) إِلا بِعَزْمٍ وَحَزْمٍ (١٤) … وصَلِيلِ الفُولاذِ في الفُولاذِ (١٥) لَا كَفِرْعونَ وَالعَزِيزِ وَمَنْ (١٦) كا … نَ بها كالخَصيب (١٧) والأُسْتاذِ
(١) بلاد إِياس لم يذكرها ياقوت في معجمه. وقال ابن العبري: هي فرضة البحر ببلد قيلقيا. قلت وتقرن دائمًا بسيس. قال ياقوت: سِيسِيّة: وعامة أهلها يقولون سيس وهي من أعظم مدن الثغور الشامية بين أنطاكية وطرسوس على عين زربة. وبها مسكن ابن ليون سلطان تلك الناحية الأرمني. معجم البلدان (سيسية) وابن العبري (٩١ و ٤٩٨). (٢) أ: واستحوذ. (٣) عن ط وحدها. (٤) ط: لا يحصيهم. (٥) ط: وسبوا من. (٦) أ: ينقلون. (٧) ط: ولكن الله سلم. (٨) ط: كلها إِلى المسلمين. (٩) ط: وقد قال الشاعر المعروف عرقلة. (١٠) الأبيات في ديوان عرقلة (٣٧) والروضتين (١/ ٢٠٠). (١١) ط: شادي. بالدال وكذلك بقية القوافي. (١٢) يبدأ الشطر الثاني في ط بحرف الباء من هذه اللفظة وهو خطأ عروضيّ. (١٣) في الديوان: ما حواها. (١٤) في الديوان والروضتين: إِلا بحزم وعزم. (١٥) ط: في الأكباد. (١٦) بهذه اللفظة ينتهي الشطر الأول في ط، وهو خطأ عروضي. (١٧) ط: كالخطيب.

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