Ils se dirigèrent également vers les contrées d’Iyās(1) et de Sīs, et ils s’emparèrent des terres d’Āmid et d’ar-Ruhā [et de Ra’s al-ʿAyn](2), ainsi que de maintes autres contrées. Ils tuèrent parmi les musulmans des foules et des peuples que Seul Dieu connaît(3), et ils réduisirent en captivité la descendance des musulmans – femmes et enfants – en un nombre incalculable et indescriptible. Or, tous ces pays avaient été conquis par les Compagnons et étaient devenus une terre d’Islam. Ils s’approprièrent en outre des biens des musulmans en quantités qu’on ne saurait décrire.
Il advint à une occasion qu’ils faillirent prendre le dessus à Damas(4), [mais Dieu la protégea par Sa sollicitude et la préserva par Sa bienveillance](5). Cependant, lorsque leurs jours prirent fin et que leurs desseins se rompirent, Dieu(6) rendit à nouveau toutes ces contrées à [leurs habitants parmi les nobles musulmans](7), par Sa Puissance, Sa Force, Sa Grâce et Sa Miséricorde. Dieu renvoya les mécréants déconfits et les retourna contre eux-mêmes à cause de leurs agissements ici-bas et dans la vie dernière.
Hassân, le poète appelé ‘Arqalah(8), a dit (dans la métrique du khafîf) :
« Après la famille de ʿAlî, la royauté
rayonne à présent sous les rois issus de la lignée de Shâdhî.
L’Orient en vient à jalouser l’Occident pour ces hommes,
et l’Égypte se targue devant Bagdad.
Rien ne leur fut acquis si ce n’est par leur ferme résolution,
appuyée par le chant du fer contre le fer.
Ce n’est pas comme Pharaon, al-ʿAzîz et tous ceux
qui autrefois y régnaient, tels al-Khaṣîb et l’Ustâdh. »