Ibn Abī Ṭayy a dit : « Il découvrit une bibliothèque n’ayant pas d’équivalent dans les cités de l’Islam (1), comprenant environ deux millions de volumes. Il précisa : “Parmi ses merveilles, on trouvait mille deux cent vingt exemplaires de l’Histoire (2) de Ṭabarī.” Ainsi parla-t-il (3). Al-ʿImād al-Kātib (4) déclara : “Quant aux ouvrages, ils s’élevaient à près de cent vingt mille volumes.” Ibn al-Athīr (5) poursuivit : “Elle comptait cent mille volumes manuscrits aux calligraphies raffinées. Le qāḍī al-Fāḍil s’en empara et préleva une grande quantité d’ouvrages qu’il sélectionna et choisit.” »
Il rapporta encore : « Le palais septentrional fut partagé entre les émirs, qui s’y installèrent. Il logea son père [Najm al-Dīn] (6) dans un vaste palais sur le canal, appelé “la Perle”, qui comportait le jardin al-Kāfūrī. La plupart des émirs furent logés dans les demeures de ceux qui étaient affiliés aux Fāṭimides. Et chaque fois qu’un des Turcs rencontrait l’un des notables établis là, il lui arrachait ses vêtements et pillait sa maison, au point que beaucoup d’entre eux furent dispersés dans le pays et se séparèrent de façon irrémédiable, devenant semblables à des débris épars et se trouvant abandonnés à leur sort. »
La durée du règne des Fāṭimides atteignit deux cent quatre-vingts années (7) et un peu plus, pour finalement s’évanouir comme hier s’en est allé : « comme s’ils n’y avaient jamais vécu » [al-Aʿrāf : 92]. Le premier à régner parmi eux fut al-Mahdī, originaire de (8) Salamiyya (9), forgeron appelé Saʿīd (10), qui était juif. Il se rendit au Maghreb, se fit appeler ʿUbayd Allāh et prétendit être un noble descendant ʿalawite fāṭimide. Il affirma [à son propos] (11) : « Je suis le Mahdī. » Plusieurs grands savants et éminentes figures, dont le qāḍī Abū Bakr, l’ont également rapporté.