Et voici une chaîne de transmission sûre remontant à Saʿīd ibn al-Musayyib. Il a déjà été rapporté, d’après les propos du ḥâfiẓ Ibn ʿAsâkir, qu’il s’agissait du sang de Yahyâ fils de Zakariyyâ. Or, cela n’est pas valide, car Yahyâ ibn Zakariyyâ est venu longtemps après Bukht Naṣṣar. Il apparaît plutôt qu’il s’agit du sang d’un prophète antérieur, ou du sang de certains justes, ou encore de celui que Dieu a voulu, et Dieu est plus savant.
Hishâm ibn al-Kalbî a dit :
(1) Bukht Naṣṣar se rendit ensuite à Bayt al-Maqdis. Le roi des lieux, issu de la lignée de Dâwud, conclut la paix avec lui et négocia en faveur des Fils d’Israël. Bukht Naṣṣar obtint alors des otages, puis s’en alla. Lorsqu’il atteignit Tiberiade, il apprit que les Fils d’Israël s’étaient soulevés contre leur roi et l’avaient tué parce qu’il avait conclu la paix. Bukht Naṣṣar exécuta donc les otages qui se trouvaient avec lui, retourna dans la ville, s’en empara de force, mit à mort les combattants et déporta les femmes et les enfants.
Il raconta (2) : On nous a rapporté qu’il trouva dans la prison le prophète Irmiyâ (Jérémie). Il le fit sortir et Irmiyâ lui raconta ce qui s’était passé avec son peuple, comment il les avait mis en garde contre cela, mais ils l’avaient traité de menteur et l’avaient emprisonné. Bukht Naṣṣar s’exclama : « Quel peuple ignoble que celui qui désobéit au Messager de Dieu ! » Il protégea le prophète et se montra bienfaisant envers lui. Les plus faibles d’entre les Fils d’Israël, qui avaient survécu, vinrent alors trouver Irmiyâ en disant : « Nous avons mal agi et nous avons commis l’injustice. Nous nous repentons devant Dieu de ce que nous avons fait. Invoque donc Dieu afin qu’Il agrée notre repentir. » Il pria alors son Seigneur, mais Dieu lui révéla qu’Il ne leur accorderait pas Son pardon. « S’ils sont sincères, qu’ils demeurent avec toi en cette ville. » Irmiyâ leur transmit ce que Dieu, exalté soit-Il, lui avait ordonné. Ils répondirent : « Comment pourrions-nous demeurer dans cette cité qui a été dévastée et où Dieu a fait peser Sa colère sur ses habitants ? » Ils refusèrent donc d’y rester (3).
Ibn al-Kalbî a également déclaré : À partir de cette époque, les Fils d’Israël se dispersèrent à travers les contrées. Un groupe s’établit dans le Hijâz, un autre à Yathrib, et un autre encore à Wâdî al-Qurâ. Une fraction se rendit en Égypte. Bukht Naṣṣar écrivit alors au roi d’Égypte pour réclamer ceux d’entre eux qui s’étaient enfuis là-bas, mais le roi refusa. Bukht Naṣṣar partit donc avec son armée, le combattit, le vainquit, le soumit et emmena ses enfants en captivité. Il se mit ensuite en route vers les pays du Maghreb jusqu’à atteindre leurs confins extrêmes.
Il ajouta : Bukht Naṣṣar revint avec un grand nombre de captifs des terres du Maghreb et d’Égypte, ainsi que de Bayt al-Maqdis, de la Palestine et du Jourdain. Parmi ces prisonniers se trouvait Dânîyâl. Je dis : Il semble qu’il s’agisse de Dânîyâl ibn Ḥizqîl le Jeune, et non du plus ancien, selon ce qu’a rapporté Wahb ibn Munabbih. Dieu est plus savant.