Et il revint avec le calife al-Mustadiʾ, montant en puissance (1)… et le bâtiment de la vérité, qui avait été détruit (2), fut relevé. L’État jadis persécuté s’éleva (3)… et la religion triompha après avoir été longtemps opprimée. L’islam tressaillit d’allégresse (4)… et la bouche de l’islam (5) s’ouvrit dans un sourire. Les visages de la guidée s’illuminèrent de joie… que l’incroyance se morde les doigts de remords (6) ! Le sanctuaire des ennemis fut violé… et le butin des tyrans fut partagé. Les palais des grands se retrouvèrent dévastés… par la venue d’un hôte de la perfection se dressant fièrement. Après une longue quiétude, il en chassa l’occupant (7)… qui mourut d’humiliation, le nez dans la poussière (8).
Et parmi ce qui fut composé comme poésie à Bagdad, annonçant au calife al-Mustadiʾ bi-Amr Allah la bonne nouvelle du prêche (khuṭba) en son nom en Égypte et dans ses provinces (9), on trouve (du mètre at-tawîl) (10) :
“Puissent t’être agréables, ô mon maître, les conquêtes qui se sont enchaînées… te parvenant sur des montures rapides et infatigables.
Tu as conquis l’Égypte alors même qu’un mur d’idolâtrie la rendait inaccessible… un désespoir (11) jeté dans la flamme de la vérité.
Et, par la grâce de Dieu, elle est revenue sous le nom de notre Imâm… surpassant toutes les contrées, fière de sa condition.
Il n’est point surprenant qu’elle se soit soumise à Youssouf (Joseph) (12)… elle aspirait depuis longtemps à sa noblesse.
Youssouf l’arracha à l’emprise de l’incroyance… et Youssouf la délivra de la faction hérétique (13).”