Alors qu’il était là, il vit le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) en rêve, lequel lui disait : « Ton pays t’a plu, et tu as délaissé le jihâd et le combat contre les ennemis de Dieu. » À peine se réveilla-t-il qu’il se prépara aussitôt au voyage et, dès le matin, il était déjà en route pour le Shâm (la Syrie).
Il investit le shaykh Sharaf al-Dîn ibn Abî ‘Asrûn de la fonction de juge, et celui-ci l’accompagna à Sinjâr, Nisîbîn et al-Khâbûr ; là-bas, Ibn Abî ‘Asrûn désigna des substituts et des collaborateurs.
Au cours de cette même année, le roi (Salah ad-Dîn Yûsuf) destitua les juges d’Égypte car ils étaient chiites. Il nomma Sadr ad-Dîn ‘Abd al-Malik ibn Dirbâs al-Mârânî, de rite shafi‘ite, au poste de « Qâdî al-Qudât » (grand juge), et mit en place, dans toutes les autres régions, des juges shafi‘ites. Il fit construire une madrasa pour les shafi‘ites et une autre pour les mâlikites. De son côté, son neveu Taqî ad-Dîn ‘Umar ibn Shâhanshâh acheta une propriété connue sous le nom de Manâzil al-‘Izz, qu’il transforma en madrasa shafi‘ite, et il lui attribua en dotation al-Rawda et d’autres biens.
Le roi Salah ad-Dîn rebâtit les remparts de la ville, ainsi que ceux d’Alexandrie, et fit grandement preuve de bienveillance envers ses sujets. Il partit ensuite en expédition contre les terres franques dans la région d’‘Asqalân (Ascalon) et de Ghazza (Gaza), attaqua une forteresse qu’ils détenaient à Aïla, et tua nombre de leurs combattants. Il accueillit sa famille à son arrivée de Syrie et fut réuni avec elle après une longue séparation.
Au cours de cette même année, Salah ad-Dîn supprima l’appel à la prière « Hayy ‘alâ khayr al-‘amal » dans tout le territoire égyptien, et il prépara le terrain pour la khutba (sermon du vendredi) au nom des Banû al-‘Abbâs sur les chaires.
Parmi les personnalités notables décédées cette année-là figure : Tâhir ibn Muhammad ibn Tâhir, Abû Zur‘a al-Maqdisî, d’origine, né à Rayy et résidant à Hamadhân, qui était né en l’an premier