En cette année, il y eut de nombreuses guerres entre les rois du Maghreb dans la péninsule d’al-Andalus, et de nombreuses guerres eurent également lieu entre les rois de l’Orient. L’émir Bazghach al-Kabîr (1) conduisit le pèlerinage des fidèles [cette année et celle qui la précédait]. Je ne vis personne parmi les grands notables décéder au cours de cette année.
[Puis vint l’année cinq cent soixante-six] :
Cette année-là, on assista à la mort d’al-Mustanjid et à la succession de son fils al-Mustadî’. En effet, le calife (3) al-Mustanjid tomba malade au début de cette année, puis il sembla au peuple qu’il avait recouvré la santé (4). Une grande réception fut alors organisée à cette occasion et les gens s’en réjouirent. Ensuite, le médecin (6) le conduisit au hammam alors qu’il était dans un état de grande faiblesse (7), et il y mourut (8).
On raconte que ce décès eut lieu sur l’ordre de certains membres de l’État, qui auraient exigé du médecin qu’il accélère son trépas. [Sa mort survint] (9) le samedi après midi (10), le huitième (11) de Rabi‘ al-Âkhir, à l’âge de quarante-huit ans. Son règne de calife dura onze ans et un mois.
Il comptait parmi les meilleurs souverains, les plus justes et les plus bienveillants envers leurs administrés. Il supprima les péages et les impôts, ne laissant subsister aucun droit de péage en Irak. Un jour, l’un de ses proches intercéda auprès de lui en faveur d’un homme malfaisant et offrit (13) dix mille dinars à cette fin. Le calife lui répondit : « Je te donnerai moi-même dix mille dinars si tu m’apportes quelqu’un de la même trempe, afin que je délivre les musulmans de son mal. »