Il est celui qui arracha la charge de vizir des mains des Banû Ruzayk. Il fut également le premier à employer le juge Al-Fâdhil comme secrétaire, qu’il fit venir d’Alexandrie, à la porte as-Sidra. Celui-ci obtint alors ses faveurs et, devant son mérite et sa valeur, les secrétaires installés au palais se retrouvèrent supplantés. Des poètes le louèrent, parmi eux ʿImâra al-Yamanî qui dit :
« Le fer s’est lassé du fer, tandis que Shâwar, dans son soutien à la religion de Muḥammad, ne s’est point lassé.
Le Temps a juré de produire un semblable à lui : ton serment a été rompu, ô Temps ; accomplis ton expiation ! »
Il conserva son rang jusqu’à ce que l’émir Ḍurghâm ibn Sawwâr se révoltât contre lui. Il se réfugia alors auprès du roi Nûr ad-Dîn, qui dépêcha auprès de lui l’émir Asad ad-Dîn Shîrkûh. Celui-ci l’aida à vaincre son ennemi, mais Shâwar viola son serment et méconnut ses limites. Asad ad-Dîn lui en garda rancune jusqu’à ce qu’il fût tué, cette même année, par le neveu d’Asad ad-Dîn, Ṣalâḥ ad-Dîn Yûsuf, qui lui trancha la tête en présence de l’émir Jardîk, le dix-septième jour de Rabîʿ al-Âkhir. Après lui, Asad ad-Dîn Shîrkûh fut nommé vizir, comme nous l’avons indiqué, mais il ne demeura à ce poste que deux mois et cinq jours.
Ibn Khallikân déclare : « Il s’agit d’Abû Shujâʿ Shâwar ibn Mujîr ibn Nazâr ibn ʿAshâʾir ibn Shaʾs ibn Mughîth ibn Ḥabîb ibn al-Ḥârith ibn Rabîʿa ibn Mukhays ibn Abî Dhûʾayb ʿAbd Allâh, lequel est le père de Ḥalîma as-Saʿdiyya. » Telle est son affirmation, mais elle suscite des doutes compte tenu de l’éloignement des époques ; Dieu seul sait la vérité.