Il naquit en l’an quatre cent quatre-vingt (de l’Hégire). Il étudia la science du hadith, s’adonna à la jurisprudence et prêcha ; son style de prédication était délicat. Ibn al-Jawzî vanta ses mérites à ce propos et rapporta qu’un jour on l’interrogea au sujet des hadith relatifs aux attributs (divins). Il déconseilla qu’on s’y attarde, puis il récita ces vers :
« Le censeur courroucé, ô mon âme, a refusé de se satisfaire…
Et toi, tu as fait de son obéissance un devoir.
Ne romps pas avec celui dont tu ne peux supporter la séparation…
Et s’il songe à rompre, incline tes joues et la terre. »
Ibn al-Jawzî mentionna également qu’il déclara : « J’eus un jour peur du calife, et j’entendis une voix m’interpeller en songe ; elle me dit : “Écris :”
“Repousse par ta patience les épreuves des jours,
Et attends la faveur de l’Unique, l’Omniscient.
Ne te laisse pas gagner par le désespoir, quand la détresse s’accentue,
Ni lorsque l’adversité des temps te vise de ses flèches.
Car Il – exalté soit-Il – laisse, au sein de tout cela, un intervalle de délivrance,
Invisibles aux regards et à l’entendement.
Que de gens ont été sauvés de la pointe des lances !
Et telle proie a survécu au féroce lion !”
Il mourut en šaʿbân de cette année-là, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Il fut d’abord inhumé à côté du ribât de al-Zûzanî, puis transporté au cimetière de l’imam Aḥmad.
Quant à Šâwir ibn Mujîr, Abû Šujâʿ al-Saʿdî, surnommé « Émir des armées », il fut vizir d’Égypte sous le règne d’al-ʿĀḍid.