Turan Chah (1), qui était présent lors de la guerre et que Nur al-Din avait dépêché auprès de son frère (2) afin de renforcer son soutien, ordonna de mettre le feu au pavillon d’al-‘Adid. On en ouvrit alors la porte (3) et l’on proclama : « L’Émir des croyants vous ordonne d’expulser ces Soudanais de parmi vous et de vos terres. » Dès lors, les troupes du Shâm (Levantins) prirent le dessus et le moral des Soudanais fléchit considérablement. Le roi al-Nâsir (4) dépêcha ensuite une expédition contre leur quartier (5), appelé al-Mansûra, où se trouvaient leurs demeures, leurs familles et leurs enfants, près de la porte de Zuwayla, et l’incendia. Les Soudanais s’enfuirent alors, et l’épée les atteignit : un grand nombre d’entre eux furent tués (6). Ils réclamèrent ensuite la protection du roi Salâh al-Dîn, qui la leur accorda et les envoya à Gîza (7). Après quoi, Shams al-Dawla Turan Chah, le frère aîné du roi Salâh al-Dîn (8) (9), sortit à leur rencontre et en massacra encore la plupart ; il n’en resta qu’un petit nombre : « Voilà donc leurs demeures, désertes à cause de leur injustice » (Coran 27 : 52).
La même année, le roi Nur al-Din Mahmûd ibn Zankî s’empara de la citadelle de Ja‘bar et l’arracha aux mains de son propriétaire, Shihâb al-Dîn Mâlik ibn ‘Alî ibn Mâlik al-‘Aqîlî (10). Celle-ci était demeurée sous leur contrôle depuis l’époque du sultan Malikshah.
La même année, la Grande Mosquée d’Alep fut ravagée par un incendie, et Nur al-Din la fit restaurer.
La même année encore, Yârûq (11), à qui est attribué le faubourg situé aux abords d’Alep, mourut.
Parmi les notables décédés cette année-là figure également Sa‘d Allâh ibn Nasr ibn Sa‘îd al-Dajjâjî (12), Abû al-Hasan, le prédicateur hanbalite.