Ils reçurent ainsi cent mille (1) dinars, qu’ils prirent avant de s’en aller (2) vers leur pays, par crainte de la venue du roi Nour al-Dîn (3) et dans l’espoir de revenir une seconde fois. Et Dieu le Très-Haut dit : « Ils ont comploté, et Dieu a comploté, et Dieu est le Meilleur des comploteurs » (Coran, Al ‘Imrân, 3 : 54).
Le vizir (4) Shawar commença alors à réclamer au peuple l’or (5) convenu dans le traité avec les Francs, tout en leur imposant davantage de difficultés, en plus des épreuves qu’ils avaient déjà endurées : l’incendie et la peur. Mais Dieu soulagea leur malheur et améliora leur situation grâce à l’arrivée des armées musulmanes et à la perte du vizir de leurs mains. En effet, le roi Nour al-Dîn appela (6) l’émir Asad al-Dîn Shîrkûh de Homs à Alep ; celui-ci partit de Homs et y parvint le même jour, ce qui réjouit Nour al-Dîn. Il le plaça à la tête des troupes qu’il destinait au pays d’Égypte, et lui octroya deux cent mille dinars. Il lui adjoignit aussi un groupe d’émirs et de notables, dont chacun souhaitait, par son départ, la satisfaction de Dieu le Très-Haut (et le djihad pour Sa cause) (7). Parmi eux se trouvait son neveu, Salâh al-Dîn Yûsuf ibn Ayyûb [fils de Shâdhî (8)], qui n’était pas heureux de cette expédition, bien qu’il y fût contraint. Cependant, Dieu le Très-Haut a dit (9) : « Il se peut que vous détestiez une chose qui est pourtant un bien pour vous ; et il se peut que vous aimiez une chose qui est (en réalité) un mal pour vous. Dieu sait, et vous, vous ne savez pas » (Coran, Al-Baqara, 2 : 216). Il lui adjoignit six mille Turkmènes et fit d’Asad al-Dîn le commandant suprême de ces armées. Ils partirent ensemble d’Alep pour Damas, accompagnés de Nour al-Dîn, puis celui-ci les envoya de Damas vers l’Égypte, tandis qu’il demeurait à Damas.
Lorsque les armées de Nour al-Dîn parvinrent en terre d’Égypte, elles constatèrent que les Francs avaient déjà quitté Le Caire, repartant vaincus (10) (vers leur pays (11)), avec une bien mauvaise affaire. L’arrivée eut lieu le septième jour de Rabî’ al-Âkhir ; ce jour-là, l’émir Asad al-Dîn se présenta devant l’‘Âdidh, qui l’honora par une somptueuse robe de cérémonie. Asad al-Dîn la revêtit, puis regagna son camp à l’extérieur de la ville.