Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis débuta l’année cinq cent soixante-quatre (de l’Hégire). Cette année-là, l’Égypte fut conquise par l’émir Asad al-Dîn Shîrkûh.

Au cours de la même année, les Francs se montrèrent tyranniques dans les territoires égyptiens. En effet, on leur avait accordé une administration (chahna), ils imposaient leur contrôle aux portes de la ville et la plupart de leurs guerriers les plus vaillants s’y étaient installés. Il ne leur manquait presque rien pour s’en emparer entièrement et en expulser les habitants musulmans (1).

C’est alors que des renforts francs affluèrent de toutes parts, et ils avancèrent en compagnie de Mri (2), le roi d’Ascalon, avec de grandes armées. Ils commencèrent par la ville de Bilbays, où ils tuèrent une multitude d’habitants et en firent d’autres prisonniers. Ils s’y installèrent, y laissèrent leurs bagages et la transformèrent en place-forte [pour eux]. Puis ils se dirigèrent vers Le Caire et campèrent du côté de la porte al-Barqiyya. Le vizir Shâwar ordonna alors que l’on incendie Misr (3) et que tout le monde (4) se replie sur Le Caire. Les gens se mirent à piller la ville, et d’innombrables richesses disparurent. L’incendie ravagea Misr pendant cinquante-quatre jours (5). [Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons] (6).

À ce moment-là (7), le calife al-ʿAdid lança un appel au secours auprès de l’émir Nûr ad-Dîn et lui envoya les tresses de ses femmes en disant : « Sauve-moi et délivre mes femmes des mains des Francs. » Il s’engagea à lui accorder le tiers des revenus de l’Égypte, à condition qu’Asad al-Dîn demeure auprès d’eux. Il promit également (8) des fiefs supplémentaires dépassant déjà ce tiers. Aussitôt, Nûr ad-Dîn entreprit de préparer ses armées pour les envoyer [en terre d’Égypte] (9).

Lorsque le vizir Shâwar comprit que les musulmans arrivaient, il adressa un courrier au roi des Francs, dans lequel il disait : « Tu connais mon amitié et l’affection que je te porte, mais al-ʿAdid et les musulmans (10) ne m’approuvent pas dans la remise de la ville. Conclus plutôt la paix avec eux afin qu’ils se retirent, cette année, en échange d’un million de dinars, dont une partie fut avancée. »

(1) Note : Ils ont considéré Chawr Shuhna comme leur propre centre, contrôlant en groupes successifs ses biens et habitations. (2) Suite dans la note : La plupart de leurs braves s’y sont installés. (3) Note : Quand les Francs apprirent cela, ils vinrent de toutes parts en escorte du roi d'Ashqelun. (4) Cela désigne al-Fuṣṭāṭ, qui est le Fustat d’Égypte ; le terme « Fuṣṭāṭ » a été supprimé, ne restant que « Miṣr » (Bashar). (5) Note issue de l’édition. (6) Note issue de l’édition. (7) Note : C’est alors que son propriétaire envoya. (8) Absent dans le manuscrit. (9) Note : Miṣr (Égypte). (10) Manuscrits ‘‘Ā’’ et ‘‘B’’ : « wa-l-muslimūn » (et les musulmans). Remarque : Ceci est ce que l’on appelle le langage des modernes.
[ثم دخلت سنة أربع وستين وخمسمائة] فيها: كان فتح مصر على يدي الأمير أسد الدين شيركوه. وفيها: طغت الفرنج بالديار المصرية. [وذلك لما جُعل لهم شحنة بها، وتحكَّموا في أبوابها، وسكنها أكثر شجعانها] (١) ، ولم يبق شيء من أن يستحوذوا عليها، ويخرجوا منها أهلها من المسلمين (٢) ، فعند ذلك جاء إمداد الفرنج من كل ناحية، وساروا صحبة مري ملك عسقلان (٣) في جحافل هائلة. فأول ما أخذوا مدينة بلبيس، فقتلوا منها خلقًا، وأسروا آخرين، ونزلوا بها، وتركوا فيها أثقالهم، وجعلوها موئلًا ومعقلًا [لهم] ، ثم جاؤوا فنزلوا على القاهرة من ناحية باب البرقية، فأمر الوزير شاور الناسَ أن يحرقوا مصر (٤) ، وأن ينتقل الناس منها (٥) إلى القاهرة، فنهبوا البلد، وذهب للناس أموال كثيرة جدًا، وبقيت النار تعمل في مصر أربعة وخمسين يومًا، [فإنا لله وإنا إليه راجعون] (٦) . وعند (٧) ذلك أرسل الخليفة العاضد يستغيث بالملك نور الدين، وبعث إليه بشعور نسائه يقول: أدركني، واستنقذ نسائي من أيدي الفرنج، والتزم له بثلث خراج مصر على أن يكون أسد الدين مقيمًا بها عندهم، والتزم (٨) لهم بإقطاعات زائدة على الثلث. فشرع نور الدين في تجهيز الجيوش إلى [الديار المصرية] (٩) . فلما استشعر الوزير شاور بوصول المسلمين، أرسل إلى ملك الفرنج يقول له: قد عرفتَ محبَّتي ومَودَّتي ولكن العاضد والمسلمين (١٠) لا يوافقوني على تسليم البلد. وصالحهم ليرجعوا، عامهم ذلك، عن البلد بألف ألف دينار، وعجّل
(١) ط: وذلك أنهم جعلوا شاور شحنة لهم بها، وتحكموا في أموالها ومساكنها أفواجًا أفواجًا. (٢) بعدها في ط: وقد سكنها أكثر شجعانهم. (٣) ط: فلما سمع الفرنج بذلك جاؤوا من كل فج وناحية صحبة ملك عسقلان. (٤) يعني: الفسطاط، وهي فسطاط مصر، فحذفت لفظة "فسطاط" وبقيت "مصر". (بشار). (٥) من ط. (٦) من ط. (٧) ط: فعند ذلك أرسل صاحبها. (٨) ليس في آ. (٩) ط: مصر. (١٠) آ، ب: والمسلمون. قلت: وهذا مما يسمونه: لغة المحدثين.

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