Ar-Rachid as-Soufi : Il s’asseyait devant Ibn al-‘Abbâdî (1) sur la chaire. Il avait une belle barbe blanche, ainsi qu’une allure et une dignité remarquables. Il assistait régulièrement aux séances d’audition spirituelle (samâ‘). Il arriva qu’il mourut alors qu’il dansait au cours de l’une de ces séances, qu’Allah lui fasse miséricorde (2).
[Puis débuta l’année cinq cent soixante-trois]
Au mois de Safar, Sharaf ad-Dîn Abû Ja‘far ibn al-Baladî (4) arriva de Wâsit à Bagdad ; l’armée, les deux naqîbs et le qâdî sortirent alors à sa rencontre. Les gens marchèrent devant lui jusqu’au Dîwân, où il s’assit sur le siège du vizirat. Son investiture y fut lue et ce fut un jour mémorable. On le désigna ensuite comme le vizir Sharaf ad-Dîn, Jalâl al-Islâm, Mu‘izz ad-Dawla, Siyyid al-Wuzarâ’, et Chef de l’Orient et de l’Occident.
Cette même année, la tribu Khafâja sema le trouble dans le pays en pillant les villages. Alors, une armée fut préparée (5) à Bagdad pour les affronter. Ils s’enfuirent dans les déserts, et l’armée recula par crainte du manque d’eau. Les Khafâja rebroussèrent alors chemin et se jetèrent sur l’armée, en tuant un grand nombre et en faisant d’autres prisonniers. L’armée avait également capturé (6) certains d’entre eux, qui furent crucifiés sur les remparts.
Au mois de Shawwâl (7), l’épouse du roi Nûr ad-Dîn Maḥmûd ibn Zankî arriva à Bagdad, souhaitant se rendre en pèlerinage (8) depuis cette ville. Il s’agissait de la dame ‘Iṣmat ad-Dîn Khâtûn, fille de Mu‘în ad-Dîn Unur. [L’armée sortit à sa rencontre] (9), accompagnée de (10) Ṣandal al-Khâdim. On lui prépara des résidences (11) et on l’honora de la plus haute considération.
Cette année-là, le grand juge (qâḍî al-quḍât) de Bagdad, Ja‘far ibn ath-Thaqafî, mourut. La ville resta ainsi sans magistrat pendant vingt-trois (12).