Je ferai peser sur eux une plaque de fer, et j’ordonnerai à la terre de se transformer en un lingot de cuivre : ainsi, il n’y aura plus de pluie venant du ciel, et la terre ne fera plus pousser aucune plante. Si, malgré cela, il pleuvait quelque peu, je leur enverrais un fléau. Et si quelque chose parvenait à subsister, j’en retirerais la bénédiction. S’ils M’invoquent, Je ne leur répondrai pas ; s’ils Me demandent, Je ne leur accorderai rien. S’ils pleurent, Je ne les prendrai pas en pitié ; et s’ils s’humilient devant Moi, Je leur détournerai Mon visage.
Quant à ceux qui diraient : « Ô Dieu, c’est Toi qui, dès le début, nous as gratifiés, nous et nos pères avant nous, de Ta miséricorde et de Ta générosité, car Tu nous as choisis pour Toi. Tu as placé parmi nous Ta prophétie, Ton Livre et Tes mosquées. Ensuite, Tu nous as accordé une situation stable dans le pays et nous y as faits successeurs. Tu as élevé nos pères et nous-mêmes, dès l’enfance, dans Ton bienfait, et Tu nous as préservés, ainsi qu’eux, par Ta miséricorde à l’âge adulte. Tu es Celui qui comble le mieux Ses bienfaits, même si nous avons changé ; Toi, Tu ne changes pas, même si nous T’avons laissé. Nous implorons que Tu parachèves Ta grâce, Ta faveur, Tes largesses, Ta générosité et Ta bienfaisance. » (2)
S’ils disent cela, Je leur répondrai : « C’est Moi qui commence envers Mes serviteurs par Ma miséricorde et Mes bienfaits. S’ils les acceptent, Je les parachève ; s’ils en demandent davantage, J’augmente ; s’ils se montrent reconnaissants, Je multiplie (Ma miséricorde). Mais s’ils troquent (Ma gratitude), Je change (Mon attitude). S’ils varient, Je Me mets en colère, et si Je Me mets en colère, Je les châtie ; rien ne saurait résister à Ma colère. »
Ka‘b dit : Alors Jérémie (Armiya) de s’exclamer : « C’est par Ta miséricorde que je me suis réveillé, j’étudie devant Toi. Or, devrais-je m’exprimer devant Toi, alors que je suis trop humble et trop faible pour oser parler en Ta présence ? Cependant, c’est par Ta miséricorde que Tu m’as conservé jusqu’à ce jour. Nul n’est plus en droit que moi de redouter ce châtiment et cette menace, puisque Tu as toléré ma présence parmi les pécheurs sans que je ne dénonce ni ne condamne leurs actes autour de moi. Si Tu me punis, ce sera à cause de mes fautes, et si Tu me fais miséricorde, c’est bien ce que j’espère de Toi. »
Puis il poursuivit : « Ô Seigneur, gloire et louange à Toi ! Tu es béni, notre Seigneur, et exalté. Vas-Tu anéantir cette cité et ses environs, qui sont pourtant les demeures de Tes prophètes et le lieu de Ta révélation ? Ô Seigneur, gloire et louange à Toi, Tu es béni et exalté. Vas-Tu détruire cette mosquée et ce qui l’entoure, ainsi que les demeures érigées pour Ton invocation ? Ô Seigneur, gloire et louange à Toi, Tu es béni et exalté. Faut-il que ce peuple périsse et subisse Ton châtiment, alors qu’ils sont la descendance d’Abraham, Ton ami intime, qu’ils forment la communauté de Moïse, Ton confident, et le peuple de David, Ton élu ? Ô Seigneur, quelle cité peut désormais se croire à l’abri de Ton châtiment ? Quels serviteurs peuvent se croire à l’abri de Ta colère après ce sort infligé à la descendance de Ton ami Abraham, à la communauté de Ton confident Moïse et au peuple de Ton élu David, alors que Tu les livres aux adorateurs du feu ? »
Dieu — exalté soit-Il — dit : « Ô Jérémie, que celui qui Me désobéit ne s’étonne pas de Ma vengeance. J’ai honoré ce peuple pour son obéissance, mais s’il venait à Me désobéir, Je l’aurais placé au rang des rebelles, à moins que Je ne l’englobe par Ma miséricorde. »
Jérémie dit : « Ô Seigneur, Tu as choisi Abraham pour être Ton ami et c’est par lui que Tu nous as protégés ; Tu as rapproché Moïse pour en faire Ton confident, et nous T’implorons de nous préserver, de ne pas nous livrer à nos ennemis ni de les lancer contre nous. »
Dieu lui révéla : « Ô Jérémie, Je t’ai sanctifié alors que tu étais encore dans le ventre de ta mère, et Je t’ai maintenu jusqu’à ce jour. Si seulement ton peuple avait veillé sur les orphelins, les veuves, les démunis et le voyageur en détresse, J’aurais été pour eux un solide soutien. À Mes yeux, ils auraient alors ressemblé à un jardin aux arbres luxuriants et à l’eau limpide, dont la source ne tarit pas et dont les fruits ne se corrompent ni ne se raréfient. Mais Je vais Me plaindre auprès de toi des Enfants d’Israël : J’étais pour eux tel un hôte miséricordieux, les mettant à l’abri de toute sécheresse et de chaque difficulté, et Je leur octroyais l’abondance… »