Al-ʿImâd l’a mentionné dans « al-Kharîda » et déclara : « Il avait une réputation éminente et une poésie célèbre. Parmi ses vers (1), relevons (mètre at-tawîl) :
“Il est, en vérité, étonnant que chez eux les épées, tout en étant masculines, versent le sang comme si elles avaient leurs menstrues.
Plus étonnant encore est qu’entre leurs mains, ces épées s’embrasent de feu alors même que ces mains sont pareilles à des mers.”
Quant au shaykh ʿAbd al-Qâdir al-Jîlî (3) – qu’Allâh lui fasse miséricorde (4) –, de son nom complet ʿAbd al-Qâdir ibn Abî Sâlih, Abû Muḥammad al-Jîlî, il naquit en l’an 470 de l’Hégire. Il se rendit à Bagdad, où il étudia le ḥadîth et se forma en fiqh auprès d’Abû Saʿd al-Mukharrimî (5), de l’école hanbalite. Ce dernier (6) éleva une école et la confia à shaykh ʿAbd al-Qâdir, si bien que (7) celui-ci y donnait des discours, y prêchait, et les gens en tiraient (8) un grand profit (9).
Il avait belle allure, gardait généralement le silence hormis pour ordonner le bien et interdire le mal. Il menait une vie très ascétique, vivait de pieux états (10) et de dévoilements mystiques. [Quant à ses disciples et compagnons, ils ont à son propos maints propos et récits d’actes et de révélations spirituelles, dont beaucoup relèvent de l’exagération. Il resta cependant un homme pieux et d’une grande valeur] (11).
Il est l’auteur du Kitâb al-Ghunyah et de Fatûḥ al-Ghayb, ouvrages qui renferment de belles choses, mais (12) il y rapporte aussi des ḥadîths faibles ou apocryphes. En somme, il comptait parmi les grands maîtres spirituels [que Dieu sanctifie son âme et illumine sa tombe ; son décès eut lieu la nuit du samedi 8 Rabîʿ al-Âkhir de cette même année] (13). Il avait alors (14) quatre-vingt-dix ans et fut inhumé dans l’école qu’il possédait. Qu’Allâh lui fasse miséricorde.