Cette année-là, ‘Izz ad-Dīn, fils du vizir Ibn Hubayra, s’échappa de prison avec un serviteur turc. On proclama alors dans la ville : « Quiconque le ramènera recevra cent dinars, et quiconque l’hébergera verra sa maison démolie, sera crucifié à sa porte, et ses enfants seront égorgés sous ses yeux. » Un Bédouin le dénonça, il fut capturé dans un verger et sauvagement battu, puis on le renvoya en prison, où l’on resserra encore davantage sa détention.
La même année, les Râfidites (chiites extrémistes) se livrèrent publiquement à l’injure contre les Compagnons du Prophète et manifestèrent des comportements répréhensibles qu’ils n’avaient pu adopter dans les époques précédentes, par crainte d’Ibn Hubayra. Par ailleurs, un débat éclata parmi la population au sujet de la création du Coran. Le pèlerinage fut conduit par Buzaghsh.
Parmi les notables décédés cette année, on compte al-Ḥasan ibn al-‘Abbās ibn Abī aṭ-Ṭayyib ibn Rustum, Abū ‘Abd Allāh al-Iṣfahānī ar-Rustumī (3). Il faisait partie des grands serviteurs de Dieu, parmi les pieux dévots qui pleuraient par crainte divine (4). Il raconta (5) : « Un jour, j’assistai à une assemblée de Mā Shādha (6), qui s’adressait aux gens. Cette nuit-là, j’ai vu le Seigneur de la Puissance qui me dit : “Tu t’es présenté devant un innovateur et as écouté ses propos ; je te priverai de la vue en ce monde.” Au matin, il était devenu aveugle, les yeux pourtant grand ouverts comme s’il voyait. »
Parmi les défunts figure aussi ‘Abd al-‘Azīz ibn al-Ḥusayn ibn al-Jabbāb (7)(8) al-Aghlabī as-Sa‘dī, le cadi Abū al-Ma‘ālī al-Miṣrī (9), surnommé al-Jalīs (10), car il fréquentait le souverain d’Égypte.