Il était très généreux et pratiquait beaucoup l’aumône. Il laissa ainsi de belles réalisations à La Mecque et à Médine. Parmi celles-ci, on compte le fait qu’il achemina une source jusqu’à ‘Arafât et y construisit des réservoirs, érigea la mosquée de ‘Arafât et son escalier, consolida les portes du Sanctuaire sacré, bâtit la mosquée d’al-Khayf, rénova le Ḥijr, orna la Ka‘ba, la recouvrit d’or et l’habilla de marbre. Il éleva une muraille autour de la Ville prophétique, construisit un pont sur le Tigre auprès de l’île d’Ibn ‘Umar fait de pierre taillée, de fer et de plomb, et édifia de nombreux ribāṭ (hospices). Chaque jour, il distribuait cent dinars devant sa porte et rachetait chaque année des captifs pour dix mille dinars. Ses aumônes parvenaient sans cesse aux juristes et aux pauvres, qu’ils se trouvent à Bagdad ou dans d’autres régions.
Il fut emprisonné en l’an cinquante-huit. Ibn al-Sā‘ī rapporte dans son « Tārīkh » qu’un homme, incarcéré à ses côtés, raconta qu’un oiseau blanc descendit vers lui avant sa mort et demeura auprès de lui tandis qu’il invoquait Dieu – Exalté soit-Il –, jusqu’à ce qu’il décédât au cours du mois de Sha‘bān de la même année, puis l’oiseau s’envola. On l’inhuma d’abord dans un ribāṭ qu’il avait édifié pour lui-même à Mossoul. Or, il existait entre lui et Asad al-Dīn Shīrkūh ibn Shādhī une fraternité et un pacte stipulant que si l’un mourait avant l’autre, sa dépouille serait transportée dans la Ville prophétique (1). Ainsi, Asad al-Dīn Shīrkūh engagea des hommes afin de le déplacer jusqu’à Médine (2). Où qu’on passât avec sa dépouille, on priait sur lui, on implorait la miséricorde divine en sa faveur et on lui adressait de bons éloges (3). On pria sur lui à Mossoul, Tikrīt, Bagdad, al-Ḥilla, Koufa, Faydh et à La Mecque, autour de la Ka‘ba. Puis (4) on le transporta jusqu’à la Ville prophétique, où il fut inhumé dans un ribāṭ qu’il avait fait construire à l’est de la Mosquée du Prophète (5).
Ibn al-Jawzī (6) et Ibn al-Sā‘ī rapportent : « Il n’y a que quinze coudées qui le séparent du sanctuaire du Messager de Dieu ﷺ et de sa tombe. » Ibn al-Sā‘ī ajoute : « — le Messager de Dieu ﷺ — » (7). Lorsque la prière funéraire fut accomplie pour lui à al-Ḥilla, un jeune homme monta sur une éminence et déclama (8) (9), en mètre al-Ṭawīl (10) :
« Son cercueil s’est élevé sur les épaules, tout comme sa générosité a longtemps voyagé portée par les caravanes, ainsi que ses bienfaits.
Il traverse la vallée, et ses sables chantent ses louanges ; il passe au milieu des assemblées, et les veuves y font son éloge. »