Lors de cette assemblée, les trois juges se réunirent, ainsi qu’une multitude de gens issus des quatre écoles juridiques et d’autres en dehors de ces écoles, en présence du vice-gouverneur de Damas, Sif Ad-Dîn Munklî. Deux procès-verbaux opposés furent dressés à son sujet : l’un en sa faveur, l’autre contre lui. Les délibérations se prolongèrent jusqu’au mois suivant, et Ibn Kathîr y assista. L’affaire se conclut par une réconciliation, en application de la parole divine : « Allah a pardonné ce qui s’est passé auparavant » (Al-Mâ’ida : 95).
• Sa rencontre avec le calife al-Muʿtaḍid :
Ibn Kathîr écrit dans Al-Bidâya wa-n-Nihâya (16/367), à propos des événements de l’année 753 H : « Le samedi, dixième jour du mois de Shaʿbân, nous rencontrâmes le calife al-Muʿtaḍid bi-Llâh Abû al-Fatḥ ibn Abî Bakr al-Musta‛kfî bi-Llâh Abû al-Rabîʿ Sulaymân ibn al-Ḥâkim bi-Amr Allâh Abû al-ʿAbbâs Aḥmad. Nous le saluâmes alors qu’il était installé à la madrasa ad-Dimâghiyya, à l’intérieur de Bâb al-Faraj. Je lui lus un fascicule contenant des traditions transmises par Aḥmad ibn Ḥanbal, d’après Muḥammad ibn Idrîs ash-Shâfiʿî, dans son Musnad, cité par le shaykh ʿIzz ad-Dîn ibn aḍ-Ḍiyâʾ al-Ḥamawî, qui l’avait entendu de Ibn al-Bukhârî et de Zaynab bint Makî, celle-ci le tenant de Aḥmad ibn al-Ḥuṣayn, d’Ibn al-Madhhab, d’Abû Bakr ibn Mâlik, de ʿAbd Allâh ibn Aḥmad, d’après son père. Il les mentionna tous deux. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il (le calife) était un jeune homme de belle apparence, s’exprimant élégamment, humble, à l’esprit vif, d’un langage plaisant. Qu’Allah fasse miséricorde à ses prédécesseurs. »
• Sa réprobation à l’égard de l’ordre sultanien visant les chrétiens du Shâm :
Le sultan avait chargé son vice-gouverneur de prélever le quart de leurs biens pour reconstruire ce qui avait été détruit à Alexandrie et pour financer des navires destinés à combattre les Francs. Les chrétiens furent alors humiliés, expulsés de chez eux avec violence et craignaient pour leur vie, sans comprendre ce qu’on leur imposait. Ils s’enfuirent dans toutes les directions. Ibn Kathîr poursuit le récit de cet épisode dans Al-Bidâya wa-n-Nihâya (16/460), au sujet de l’année 767 H : « J’ai été convoqué, le samedi 16 Ṣafar, au Maydân al-Akhdar, pour une rencontre avec le vice-gouverneur du sultan, l’émir Sif ad-Dîn Munklî Bughâ, après la prière de lʿAsr, une fois terminé le jeu de balle (polo). Je trouvai chez lui beaucoup de bienveillance ; je le vis d’un jugement complet et d’une excellente compréhension, s’exprimant avec finesse et agréable à fréquenter. Je lui fis remarquer que l’on ne pouvait adopter de telles mesures envers les chrétiens. Il me répondit : “Certains jurisconsultes d’Égypte ont émis une fatwa à ce sujet pour le grand émir.” Je lui dis : “C’est inacceptable d’un point de vue légal, et personne ne saurait l’autoriser. Tant qu’ils conservent le statut de dhimmis et nous paient la capitation (jizya), soumis à l’humiliation et la sujétion prévues, et tant que les prescriptions divines sont en vigueur, il n’est pas permis de leur prélever ne serait-ce qu’un dirham en plus de ce qu’ils versent au titre de la jizya…” ». Il continua à présenter ses preuves et suggéra la solution la mieux adaptée : attaquer Chypre, jusqu’à ce qu’il convainquît le vice-gouverneur de cette option. Celui-ci envoya un courrier en Égypte à ce sujet, et la réponse parvint, conforme à l’avis et à la proposition d’Ibn Kathîr.
• Sa présence lors de l’exécution du zindîq ʿUthmân ad-Dakkâlî (1)
Ibn Kathîr rapporte dans Al-Bidâya wa-n-Nihâya (16/294)