Mohammad ibn Yahyâ ibn ʿAlî ibn Muslim, Abû ʿAbd Allâh al-Zabîdî (1) :
Il naquit (2) dans la ville de Zabîd au Yémen, vers (3) l’an quatre-vingt. Il arriva à Bagdad en l’an neuf et cinq cents (509 H.) et y prononça des prêches. Il possédait des connaissances en grammaire et en littérature, et faisait preuve de patience dans la pauvreté, sans se plaindre de sa condition auprès de personne. Il avait de pieux états spirituels – qu’Allah lui fasse miséricorde – et Dieu, qu’Il soit exalté, est plus savant.
[Puis arriva l’année cinq cent cinquante-six (556 H.)]
Cette année-là, le sultan Sulaymân Shâh (4), fils de Muhammad ibn Malikshâh, fut tué. Il était téméraire (5) et se souciait peu de la religion : il buvait fréquemment du vin, même pendant le Ramadân. Alors l’administrateur de son royaume, Kurdabâzû (7) le serviteur, se souleva contre lui, le tua et prêta allégeance après cela au sultan Arslan Shâh ibn Tughrul ibn Muhammad ibn Malikshâh.
Durant cette même année, on tua le roi As-Sâliḥ Fâris ad-Dîn Abû l-Gharât Ṭalâʾiʿ ibn Ruzzîk (8) l’Arménien, [qui était le vizir d’al-ʿÂḍid, souverain d’Égypte, et le père de son épouse, ayant placé al-ʿÂḍid sous tutelle en raison de sa jeunesse] (9), s’emparant ainsi des affaires du gouvernement. La suite l’assassina ; son fils Ruzzîk lui succéda au vizirat, avec le titre d’al-ʿÂdil. Son père as-Sâliḥ était généreux, lettré, aimant les gens de savoir, et bienveillant à leur égard. Il comptait (10) parmi les meilleurs rois et vizirs. Plusieurs poètes et hommes de lettres l’ont loué dans leurs vers.
Le juge Ibn Khallikân (11) a dit : « Il fut d’abord gouverneur de Minyat Banî Khaṣîb, puis les circonstances l’amenèrent à devenir vizir d’al-Fâʾiz (12). La vizirat d’ʿAbbâs lui échut jusqu’en l’an quarante-neuf (549 H.). Ensuite, lorsqu’il mourut cette année, son fils al-ʿÂdil Ruzzîk ibn Ṭalâʾiʿ lui succéda au vizirat et ne cessa d’exercer cette fonction jusqu’à ce que Shâwir la lui retirât, comme nous le verrons. »