Le poste de juge à Damas fut retiré par le roi Nūr al-Dīn, qui désigna à la place le juge Kamāl al-Dīn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh al-Shahrazūrī. Il comptait parmi les meilleurs juges, se distinguant par son abondance en aumônes, dont certaines ont perduré après sa mort. C’était un savant éminent, et on lui attribue la « fenêtre kamālienne » où s’assoient les magistrats après la prière du vendredi, dans la partie occidentale de la grande mosquée omeyyade.
Parmi les notables décédés cette année, l’émir Mujāhid al-Dīn Buzān ibn Māmayn al-Kurdī figure en bonne place. Il fut l’un des commandants de l’armée du Shām (Syrie) avant et après le règne du roi Nūr al-Dīn. Il exerça de plus la fonction de vice-gouverneur à Ṣarkhad pour un temps. Courageux et intrépide, il faisait preuve d’une grande générosité, multipliant aumônes et dons. Il est le fondateur de la madrasah al-Mujāhidiyyah, située à proximité de la Nūriyyah, proche du quartier des Khaymiyyīn. Il bâtit aussi une autre école nommée également al-Mujāhidiyyah à l’intérieur de Bāb al-Farādīs (la « porte des Paradis ») côté extérieur, où il fut inhumé. Il fonda par ailleurs la « sabʿ al-Mujāhidī » à l’intérieur de Bāb al-Ziyādah de la Grande Mosquée, dans la loge d’al-Khaḍr. Il mourut à son domicile en Ṣafar de cette année-là, fut transporté à la mosquée pour la prière funéraire, puis ramené dans son école afin d’y être enterré, derrière Bāb al-Farādīs. Les gens le regrettèrent profondément. Qu’Allāh lui fasse miséricorde et l’agrée.
Le shaykh ʿAdī ibn Musāfir ibn Ismāʿīl ibn Mūsā ibn Marwān ibn al-Ḥasan ibn Marwān, al-Hakkārī, maître de la confrérie ʿAdawiyyah, était originaire de la plaine de la Békaa, à l’ouest de Damas, du village de Bayt
(1) N'existe pas dans Ṭ.
(2) N'existe pas dans B.
(3) Â, B : Les gouverneurs y siègent dans la mosquée après la prière du vendredi.
(4) Son nom apparaît dans B, Ṭ : Nizār, et il est ainsi mentionné chez Ibn al-Qilānisī (547), Al-Rawḍatayn (1/123), Wafayāt al-A‘yān (1/241) et Tārīkh al-Islām (12/90).
(5) Pour al-Mujāhid ad-Dīn à Damas, il y a deux madrasas : la première est appelée al-Mujāhidiyya al-Jawāniyya près de Bab al-Khawāṣṣīn, près de al-Nūriyya, elle a été étudiée. La seconde s'appelle al-Mujāhidiyya al-Barrāniyya entre les portes al-Farādis, et elle existe jusqu'à présent ; on l'appelle la mosquée des Sayyids, avec des sépultures. Al-Dāris (2/332), Mukhtaṣar Tanbīh al-Ṭālib (71-72) et Munādamat al-Atlāl (146-148).
(6) Ṭ : al-Ghūriyya. C'est une erreur de copie.
(7) Ṭ : Il est décédé dans sa maison en Safar de cette année.
(8) ʿAddī ibn Musāfir, né dans une ville de Baalbek, s'est ensuite dirigé vers al-Ḥakkāriyya, territoire de Mossoul, où une zaouïa lui fut construite sur la montagne d’al-Ḥakkāriyya, et il s'adonna à l'adoration, étant ascète, dévot et reclus. Certains de ses disciples dépassèrent les limites de la croyance, allant jusqu'à en faire leur qibla pour la prière, ce qui constitue un polythéisme menant à l’apostasie en général, comme l'a dit l’imam al-Ḥāfiẓ Ibn Kathīr. Certains extrémistes disaient que la visite de son tombeau valait mieux que le pèlerinage et la visite de Jérusalem. Certains de ses adeptes de la secte ʿAdawiyya affirmaient qu'il dispensait de nos jeûnes et prières, et qu'il nous conduirait au Paradis le Jour du Jugement sans réprimande ni châtiment. Ceci est un mécréance, que Dieu nous en protège. (ʿA). Sa biographie se trouve dans Wafayāt al-A‘yān (3/254-255), Al-ʿIbar (4/163), Mirʾāt al-Jinān (3/312-313), ainsi que son décès =