Les cœurs et les langues sont tous entre Mes mains : Je les tourne comme Je le veux, et ils M’obéissent. Je suis Dieu, nul n’est semblable à Moi. Les cieux et la terre et tout ce qu’ils contiennent existent par Ma Parole. En vérité, seul Mon Unicité (tawḥīd) est parfaite et seule Ma puissance est absolue. Nul ne sait ce que Je détiens hormis Moi. Je suis Celui qui s’est adressé aux mers : elles ont compris Ma Parole, Je leur ai commandé, et elles ont exécuté Mon ordre. Je leur ai tracé des limites qu’elles ne sauraient franchir. Leurs vagues peuvent s’élever tels des monts, mais lorsqu’elles atteignent la limite que J’ai fixée, Je les revêts d’humilité par obéissance envers Moi, par crainte et reconnaissance de Mon ordre. Je suis avec toi, et rien ne t’atteindra tant que Je suis avec toi. Je t’ai envoyé vers une grande partie de Ma création pour leur transmettre Mes messages. Ainsi, tu obtiendras la récompense de ceux qui te suivent, sans que leur récompense n’en soit diminuée en rien. [Et si tu manques à cette mission, tu encours de Ma part la charge du péché de ceux que tu laisses dans l’égarement, sans que cela ne diminue leurs propres péchés en rien.]
(1)
Va donc vers ton peuple, tiens-toi parmi eux et dis-leur : « Dieu s’est souvenu de vous à cause de la droiture de vos pères, et c’est pour cela qu’Il vous a préservés. Ô vous, fils des prophètes, comment vos pères ont-ils trouvé la conséquence de Mon obéissance ? Et comment avez-vous vous-mêmes constaté la conséquence de Ma désobéissance ? Ont-ils vu quelqu’un Me désobéir et être heureux de cette désobéissance ? Ont-ils connu celui qui M’obéit et qui, ce faisant, en deviendrait malheureux ? Les bêtes elles-mêmes, quand elles se rappellent un lieu où elles paissent en sûreté, y reviennent naturellement. Or, ces gens-ci se sont égarés dans des pâturages de perdition et ont abandonné ce par quoi J’avais honoré leurs pères ; ils recherchent la dignité hors de la voie légitime. »
Quant à leurs docteurs et leurs moines :
Ils ont pris Mes serviteurs comme des sujets, [2] les faisant se consacrer à leur service, sans se référer à Mon Livre. Ils leur ont ainsi caché Mon ordre, fait oublier Mon rappel et Ma Sunna, et les ont trompés à Mon sujet. Mes serviteurs leur ont alors obéi d’une obéissance qui ne se doit qu’à Moi, et ils M’ont désobéi en obéissant à ces docteurs et moines.
Quant à leurs rois et à leurs princes :
Ils se sont enorgueillis de Mes bienfaits et se sont crus à l’abri de Mon stratagème. Le monde les a séduits au point qu’ils ont rejeté Mon Livre et rompu Mon alliance. Ils altèrent Mon Livre et forgent des mensonges à l’encontre de Mes messagers, par audace envers Moi et par tromperie Me concernant. Gloire à Ma majesté, à la hauteur de Ma souveraineté et à la grandeur de Mon rang ! Est-il possible que J’aie un associé dans Mon royaume ? Est-il possible qu’un être humain soit obéi lorsque cela revient à Me désobéir ? Est-il concevable que Je crée des serviteurs pour ensuite en faire des divinités en dehors de Moi ? Ou que J’autorise quiconque à une obéissance due à un autre, alors qu’elle ne doit revenir qu’à Moi seul ?
Quant à leurs lecteurs (qurrā’) et à leurs juristes (fuqahā’) :
Ils étudient ce qu’ils choisissent, puis se soumettent aux rois et les suivent dans les innovations qu’ils introduisent dans Ma religion. Ils leur obéissent en M’y désobéissant et s’en tiennent fidèlement à des pactes contraires à Mon alliance. Ils sont ignorants au sujet de ce qu’ils savent, et ne tirent aucun profit de leur science de Mon Livre.
Quant aux fils des prophètes :
Ils sont opprimés et éprouvés, ils se laissent entraîner par ceux qui s’égarent, tout en convoitant le soutien dont J’ai honoré leurs pères et la dignité avec laquelle Je les ai couverts. Ils prétendent qu’ils y ont plus de droit que quiconque, sans sincérité ni réflexion. Ils ne se rappellent pas la patience de leurs pères, ni les efforts qu’ils ont fournis pour Ma cause au moment où d’autres se laissaient tromper. Ils ne se souviennent pas qu’ils se sont sacrifiés, corps et sang, en faisant preuve de patience et de sincérité, jusqu’à ce que Mon ordre s’élève en puissance et que Ma religion se manifeste. C’est pourquoi J’ai différé le châtiment de ces gens, dans l’espoir qu’ils en viendraient à éprouver de la pudeur envers Moi.