Les notables de Banî al-‘Abbâs lui prêtèrent allégeance, puis le vizir, les juges, les savants et les émirs. Son âge était alors de quarante-cinq ans. C’était un homme pieux. (1) Il avait été l’héritier de son père pendant une longue période. Ensuite, il organisa les cérémonies funéraires de son père. Lorsque l’on prononça pour lui le prône du vendredi (2), on dispersa des dirhams et des dinars sur la foule, et les musulmans se réjouirent de son avènement après son père. Il confirma le vizir Ibn Hubayra à son poste et lui en fit la promesse jusqu’à la mort. Il démit de ses fonctions le qâdî al-qudât (juge suprême) Ibn al-Dâmaghânî et nomma à sa place Abû Ja‘far ‘Abd al-Wâhid ibn al-Thaqafî (3), un homme âgé, versé dans la transmission du hadith, qui exerça le poste de juge à Kûfa pendant un certain temps (4).
Puis il mourut (5) au mois de Dhu al-Ḥijja [de cette même année] (6), et son fils Ja‘far (7) lui succéda. Au mois de Shawwâl de cette année, les Turcs présents à Bâb Hamadhân s’accordèrent pour destituer (8) Sulaymân Shâh, et ils proclamèrent Arslân Shâh, fils de Tughril. La même année, al-Fâ’iz binnaṣr Allâh al-Fâṭimî, souverain d’Égypte (9), mourut. Il s’agissait d’Abû al-Qâsim ‘Îsâ ibn Ismâ‘îl al-Ẓâfir. [Son décès] (10) survint au mois de Ṣafar [de la même année] (11), alors qu’il était âgé de onze ans. Il avait régné pendant six ans et deux mois, et son État était administré par Abû al-Ghârât (12).
Après lui vint al-‘Âḍid (13), le dernier de leurs califes, à savoir Abû Muḥammad ‘Abd Allâh ibn Yûsuf ibn al-Ḥâfiẓ, dont le père n’avait pas été calife. Lorsqu’il prit le pouvoir, il était sur le point (14) d’atteindre la puberté. C’est le roi vertueux, Ṭalâʾi‘ ibn Ruzzayk, le vizir, qui administra son royaume : il obtint pour lui l’allégeance, le maria à sa propre fille et lui prépara un équipement (15) considérable.