Sa mère était Nasîm, surnommée Sitt as-Sâda(1), une femme à la peau brune, parmi les meilleures des servantes(2). Il tomba malade d’une affection à la poitrine et, selon certains, d’un anthrax(3) apparu dans sa gorge. Il mourut la nuit du dimanche, le deuxième Rabiʽ al-Awwal [de cette année](4), à l’âge de soixante-six ans moins vingt-huit jours. Son califat dura vingt-quatre ans, trois mois et seize(5) jours. Il fut inhumé(6) dans la résidence califale, puis son corps fut transféré dans les tombes(7).
C’était un homme résolu, brave et audacieux, qui s’occupait personnellement des affaires d’État, assistait aux campagnes militaires et dépensait de grandes sommes d’argent pour récompenser ceux qui lui rapportaient des nouvelles. Il fut le premier(8) à s’emparer seul du pouvoir en Irak, indépendamment des sultans(9), depuis l’époque des Daylamites jusqu’à la sienne ; il renforça sa position au sein du califat et exerça son autorité sur l’armée et sur les émirs.
Il eut en commun avec son père plusieurs points, notamment le fait de souffrir de la même maladie à la poitrine et de décéder au mois de Rabiʽ al-Awwal, après la mort du sultan Muhammad Shâh survenue trois mois plus tôt. De même, [son père al-Mustazhir était décédé avant le sultan](10) Mahmûd avec un écart de trois mois(11). [Al-Muqtafi](12) mourut un an après l’inondation de Bagdad, et il en alla de même pour l’autre(13).
ʽAfîf an-Nâsikh raconta : « J’ai vu en songe quelqu’un dire : “Quand trois lettres khaʾ (خ) se réuniront, al-Muqtafi mourra”, faisant allusion à l’an cinq cent cinquante-cinq de l’Hégire. »
Le califat d’al-Mustanjid(14) bi-llâh Abû al-Muzaffar Yûsuf ibn al-Muqtafi :
Lorsque son père mourut, comme nous l’avons mentionné, il fut investi du califat au matin du dimanche, le deuxième Rabiʽ al-Awwal de cette année-là.