Ibn al-Jawzî a dit : « Au cours de cette année, il tomba au Yémen (1) une pluie intégralement teintée de sang, au point de colorer les vêtements des gens.
[Parmi les notables qui décédèrent cette année :]
• Al-Ḥasan b. Dhī al-Nūn b. Abī al-Qāsim b. Abī al-Ḥasan, Abū al-Mafākhir an-Naysābūrī (2) : Il vint à Bagdad et y prêcha, s’en prenant aux ash‘arites (3). Les hanbalites l’aimèrent pour cela, mais lorsqu’ils le mirent à l’épreuve, ils découvrirent qu’il était muʿtazilite. Dès lors, sa renommée s’affaiblit et un conflit éclata à Bagdad à cause de lui. Ibn al-Jawzî (4) entendit de sa bouche certains de ses poèmes, dont notamment ce qui suit :
[Al-Basīṭ]
« La mort a emporté les hommes généreux : ils sont partis, ils se sont évanouis, ils ont disparu…
Et, après eux, c’est leur magnanimité même qui s’est éteinte.
Ils m’ont laissé au milieu d’un peuple insensé : s’il apercevait l’ombre d’un hôte en songe, il en mourrait. »
• ʿAbd al-Malik b. ʿAbd al-Wahhāb al-Ḥanbalī (5), le cadi, Bahāʾ ad-Dīn : Il maîtrisait les deux doctrines d’Abū Ḥanīfa et d’Aḥmad (6), et débattait pour chacune d’elles. Il fut inhumé aux côtés de son père et de son grand-père dans le cimetière des martyrs.
• ʿAbd al-Malik b. Abī Naṣr b. ʿUmar (7), Abū al-Maʿālī al-Jīlī : Il était un juriste pieux, très religieux et dévot, menant une vie de pauvreté. Il ne possédait pas de demeure et passait ses nuits dans des mosquées abandonnées. Parti avec les pèlerins en direction des Lieux saints, il s’établit à La Mecque pour se consacrer à l’adoration de Dieu et à l’enseignement des sciences. Ses habitants ne cessaient d’en faire l’éloge.
• Le juriste (8) Abū Bakr b. al-ʿArabī al-Mālikī (9) : commentateur du recueil de at-Tirmidhī (10). »