Ibn al-Jawzî a dit (1) : « Il était plein d’esprit et léger de caractère. Il avait de belles anecdotes, il avait vu bien des gens et fréquenté les plus avisés. Il assistait à mes réunions, m’écrivait et je lui écrivais. Un jour, je lui adressai une lettre où je l’exagérais en le magnifiant (2). Il me répondit :
[Poème sur le mètre Mukhalla‘ al-Basît]
“Tu m’as comblé d’honneurs en tes propos
au point que j’ai craint de perdre à force d’excès;
Fais en sorte que tu t’adresses à moi comme à mon égal,
et ne change pas pour moi tes habitudes.” (3)(4)
Et de lui également (5) :
[Poème sur le mètre al-Mutaqârib]
“Lorsque le vieillard se découvre encore de l’élan,
c’est une mort cachée;
Ne vois-tu pas que la lampe brille d’une flamme
juste avant de s’éteindre ?”
Ghâzî ibn [Zankî ibn] (6) Âq-Sunqur (7), le roi Sayf al-Dîn, maître de Mossoul, était le frère de Nûr al-Dîn Mahmûd, maître d’Alep puis, plus tard (8), de Damas. Il fut l’un des meilleurs rois, ayant la conduite la plus exemplaire, la disposition la plus généreuse, la physionomie la plus agréable, et il était courageux et noble. Chaque jour, il faisait abattre cent moutons pour son armée et trente pour ses Mamelouks, et le jour de la fête, mille têtes, en dehors des bœufs et des poulets. Il fut le premier parmi les rois des frontières que l’on honora en portant une bannière au-dessus de sa tête, et il ordonna à ses soldats de ne se déplacer qu’avec l’épée et la masse. Il bâtit une madrasa à Mossoul, ainsi qu’un ribât pour les soufis. Le poète al-Ḥayṣ Bayṣ (9) le loua, et il lui offrit mille dinars d’or en espèces, ainsi qu’une robe d’honneur. Lorsqu’il mourut de la fièvre au mois de Jumâdâ al-Âkhira de cette même année, on l’enterra dans sa madrasa mentionnée ci-dessus. Il avait alors quarante ans. Son règne après la mort de son père avait duré trois ans et cinquante jours. (– qu'Allah lui fasse miséricorde –)
Naẓar al-Khâdim (10) fut émir du pèlerinage (Amîr al-Ḥajj) pendant plus de vingt ans. Il étudia le hadith et prit ses leçons auprès d’Ibn al-Zâghûnî.