L’émir Naẓar al-Khādim (1) partit avec les pèlerins, tomba malade à Koufa, puis fit demi-tour et désigna son affranchi Qaymaz (2) pour superviser le pèlerinage à sa place. Quand il arriva à Bagdad, il mourut (qu’Allah lui fasse miséricorde) quelques jours plus tard. Alors, les tribus arabes (3) se mirent à convoiter les biens des pèlerins : elles se postèrent sur leur chemin du retour. Qaymaz, trop faible pour leur résister, obtint pour lui-même un sauf-conduit, s’enfuit et livra les pèlerins. Ceux-ci furent en grande majorité tués, et leurs biens confisqués. Seuls en réchappèrent quelques rares survivants. Nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous retournons.
La même année, Muʿīn ad-Dīn Unur (4), Atabeg des armées à Damas, rendit l’âme. Il fut d’abord l’un des mamlouks de Ṭuġtikin, puis devint Atabeg des rois (5) à Damas. Il était le père de Sitt ʿIṣmat ad-Dīn Khātūn (6), l’épouse du roi Nūr ad-Dīn. C’est également lui qui dota la madrasa al-Muʿīniyya à l’intérieur de Bāb al-Faraj. Sa tombe se trouve sous le dôme du côté sud (8) de la Šāmiyya al-Barrāniyya, dans le quartier de al-ʿUwayna, près de la Dār al-Baṭīkh.
À la mort de Muʿīn ad-Dīn, la puissance du vizir et grand notable Muʾayyad ad-Dawla ʿAlī ibn al-Ṣūfī et de son frère Zayn ad-Dawla Ḥaydarah s’accrut. Une hostilité éclata alors entre eux et le roi Mujīr ad-Dīn Abak (9), au point qu’ils enrôlèrent (10) des gens de la populace et de la foule (11) pour lui tenir tête. Des affrontements eurent lieu et un grand nombre de personnes furent tuées dans les deux camps. Plus tard, un accord de paix fut conclu et les poètes composèrent des éloges à leur sujet.
Parmi les notables (12) décédés cette année-là figurent :
• Aḥmad ibn Niẓām al-Mulk al-Ḥasan ibn ʿAlī (13), Abū Naṣr, qui fut le vizir d’al-Mustarshid et du sultan Maḥmūd. Il étudia les ḥadīths et comptait parmi les meilleurs ministres. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
• Aḥmad ibn [Muḥammad ibn] al-Ḥusayn al-Arrajānī (15), qui exerça la fonction de qāḍī (juge) à Tustar.