Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mardin : Elle lui donna plusieurs enfants, dont chacun régna sur Mossoul. Cette Khatun(1) avait pour habitude d’ôter son voile (2) devant quinze rois.

Cette même année, le roi Nour ad-Dîn Mahmoud(3) se rendit à Sinjâr et s’en empara. Son frère, Qutb ad-Dîn Mawdûd, envoya alors une armée afin de le repousser, puis ils conclurent un accord. Nour ad-Dîn céda Sinjâr à Qutb ad-Dîn en échange d’ar-Rahba et de Ḥimṣ ; Sinjâr resta donc à Qutb ad-Dîn, tandis que Nour ad-Dîn retourna dans ses terres.

Au cours de cette même année, Nour ad-Dîn combattit les Francs(4) : il en tua un grand nombre et captura le « barons » (prince) d’Antioche. Des poètes le louèrent à cette occasion, parmi lesquels al-Fatḥ al-Qaysarânî, qui composa une ode retentissante (5) dont le début (6) dit (mètre al-basît) :

(7)
« Voici ces fermes résolutions, non pas ce que prétendent les sabres…
Et voici ces nobles vertus, non pas ce dont parlent les livres.

Voici ces hautes aspirations qui, lorsqu’elles se dressent,
laissent trébucher derrière elles les poèmes et les discours.

Ô fils d’Imâd ad-Dîn, tu as saisi leur sommet,
avec une aisance dans l’effort, là où d’autres peinent.

Ton aïeul n’a cessé de bâtir toutes choses élevées,
jusqu’à construire une coupole dont les piquets sont les astres. »

Cette même année encore, Nour ad-Dîn s’empara de la forteresse d’Afâmiyya, près de Ḥamāt.

Durant cette période, mourut le souverain d’Égypte, al-Ḥâfiẓ(10) li-Dîn Allâh ‘Abd al-Majîd ibn Abî al-Qâsim Muḥammad ibn al-Mustanṣir. Son fils aîné, aẓ-Ẓâfir Ismâ‘îl(11), lui succéda. Aḥmad ibn al-Afḍal ibn Amîr al-Juyûsh s’empara alors de l’autorité sur al-Ḥâfiẓ [et l’on prononça le sermon à Miṣr (Le Caire) pour al-Qâ’im, celui de la Fin des Temps, et on fit l’appel à la prière en y ajoutant : « Venez à la meilleure des actions ! »(12)]. C’est ce même al-Ḥâfiẓ qui inventa le « tambour du colique », qui, lorsqu’on le frappait devant un malade souffrant de colique, faisait sortir le vent et la douleur(13).

(1) Dans le manuscrit : « المرأة » (la femme). (2) Dans B et le manuscrit : « بين » (entre). (3) Non présent dans le manuscrit. (4) Dans le manuscrit : « ثم غزا فيها الفرنج » (puis les Francs y ont fait une expédition). (5) Dans le Coran : « في أخرها » (à la fin). C’est une erreur de copie. (6) Les vers sont le début d’un poème composé de cinquante-deux vers, figurant dans les deux « Rawḍatayn » (1/58-60). (7) Dans le manuscrit : « تنعق » (elle crie). (8) Dans le Coran : « تعبها » (sa fatigue). (9) Dans les « Rawḍatayn » : « ابتنى » (il a construit). (10) Sa traduction biographique et ses informations se trouvent chez Ibn al-ʿAṯīr (9/24-25), les « Rawḍatayn » (1/65), « Wafayāt al-Aʿyān » (3/235-237) et « al-ʿIbar » (4/122). (11) Ses informations biographiques et sa traduction sont dans Ibn al-ʿAṯīr (9/43-44), les « Rawḍatayn » (1/97-98), « Wafayāt al-Aʿyān » (1/237) et « al-ʿIbar » (4/136). (12) Dans le manuscrit : « وخطب له بمصر ثلاثًا، ثم أخر الأمر أذن » (et prêcha pour lui en Égypte à trois reprises, puis finalement il autorisa). (13) Dans le Coran : « وللحافظ وضع قليل القولنج الذي كان من ضربه يخرج خروج » (et pour le hafiz une légère crampe dont il souffrait à cause du coup, qui se manifeste en sortant).
ماردين، فولدت له أولادًا، كلهم ملكوا الموصل، وكانت هذه الخاتون (١) تضع خمارها بحضرة (٢) خمسة عشر ملكًا. وفيها سار الملك نور الدين محمود (٣) إلى سنجار ففتحها، فجهز إليه أخوه قطب الدين مودود جيشًا ليرده عنها، ثم اصطلحا، فعوّضه عنها الرحبة وحمص، واستمرت سنجار لقطب الدين، وعاد نور الدين إلى بلده. وغزا في هذه السنة الفرنج (٤) فقتل منهم خلقًا، وأسر البرنس صاحب أنطاكية. فمدحه الشعراء، منهم الفتح القيسراني بقصيدة طنَّانة يقول في أولها (٥) : [من البسيط] (٦) هذي العَزائِمُ لا ما تَدَّعي (٧) القُضُبُ … وَذِي المَكارمُ لا ما قالتِ الكتُبُ وهذِهِ الهِمَمُ اللَّاتي مَتَى خَطَبَتْ … تعثَّرتْ خَلْفَها الأشعارُ والخُطبُ صافحتَ يا بْنَ عمادِ الدِّينِ ذِروَتَها … براحةٍ للمساعي دُونَها (٨) تَعَبُ ما زالَ جدُّكَ يبني كُلَّ شاهقةٍ … حتى بنى (٩) قُبَّةً أوتادُها الشُّهبُ وفيها: فتح نور الدين حصن أفامية، وهو قريب من حماة. وفيها: مات صاحب مصر الحافظ (١٠) لدين الله عبد المجيد بن أبي القاسم محمد بن المستنصر، فقام بالأمر من بعده ولده الظافر (١١) إسماعيل. وقد كان أحمد بن الأفضل بن أمير الجيوش قد استحوذ على الحافظ، [وخطب بمصر للقائم آخر الزمان، وأذّن] (١٢) بحيّ على خير العمل. والحافظ هذا هو الذي وضع طبل القولنج الذي إذا ضربه من به القولنج يخرج منه القولنج والرِّيح الذي به (١٣) .
(١) ط: المرأة. (٢) ب، ط: بين. (٣) ليس في ط. (٤) ط: ثم غزا فيها الفرنج. (٥) آ: في أخرها. تصحيف. (٦) الأبيات مطلع قصيدة تقع في اثنين وخمسين بيتًا وردت في الروضتين (١/ ٥٨ - ٦٠). (٧) ط: تنعق. (٨) آ: تعبها. (٩) في الروضتين: ابتنى. (١٠) ترجمته وأخباره عند ابن الأثير (٩/ ٢٤ - ٢٥) والروضتين (١/ ٦٥) ووفيات الأعيان (٣/ ٢٣٥ - ٢٣٧) والعبر (٤/ ١٢٢). (١١) أخباره وترجمته عند ابن الأثير (٩/ ٤٣ - ٤٤) والروضتين (١/ ٩٧ - ٩٨) ووفيات الأعيان (١/ ٢٣٧ - ٢٣٧) والعبر (٤/ ١٣٦). (١٢) ط: وخطب له بمصر ثلاثًا، ثم أخر الأمر أذن. (١٣) آ: وللحافظ وضع قليل القولنج الذي كان من ضربه يخرج خروج.

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