Ibrahim, issu des descendants de Sabaktakin, se rendit en Inde afin de solliciter l’appui de son roi(1). Celui-ci arriva à la tête de vastes armées, reprit Ghazna des mains de Suri, le fit prisonnier, puis le crucifia. Il fut cependant un homme généreux, très bienfaisant et prodigue en aumônes.
[Parmi les notables décédés cette année-là figurent :]
Ibrahim ibn Muhammad ibn Nabhan(2) ibn Miḥraz al-Ghanawī al-Raqqī(3). Il étudia le Hadith, se forma en jurisprudence auprès d’al-Shāshī et d’al-Ghazālī, et recopia un grand nombre de leurs ouvrages, qu’il lut sous leur direction. Il les fréquenta assidûment. Il était d’une prestance imposante, discret dans ses paroles et distingué dans son attitude. Il décéda au mois de Dhu al-Ḥijja [de cette même année](4), âgé de plus de quatre-vingts ans.
Shāhanshāh ibn Ayyūb ibn Shādhī(5) : Il fut martyrisé aux côtés de Nūr al-Dīn. Il est le père de as-Sitt ʿAdhrāʾ(6), fondatrice de l’« ʿAdhrāwiyya », et de Taqī al-Dīn ʿUmar, fondateur de la « Taqwiyya », entre autres.
ʿAlī ibn al-Ḥusayn [ibn Muḥammad ibn ʿAlī az-Zaynabī(7), Abū al-Qāsim al-Akmal, fils d’Abū Ṭālib Nūr al-Hudā, fils d’Abū al-Ḥasan](8), surnommé « Niẓām al-Ḥaḍratayn », fils de Naqīb al-Nuqabāʾ Abū al-Qāsim, petit-fils du qāḍī Abū Tammām al-ʿAbbāsī : il fut Qāḍī al-Quḍāt (juge suprême) à Bagdad, en Irak, et autre part encore.
Il étudia le Hadith, était un jurisconsulte réputé, digne et d’une belle apparence, parlant peu. Il voyagea avec le calife ar-Rāshid à Mossoul, où il vécut divers événements, puis revint à Bagdad où il s’éteignit cette année-là, ayant dépassé soixante ans. Ses funérailles furent très suivies, que Dieu lui accorde Sa Large Miséricorde(9).