Cette année-là, les Francs, au nombre de soixante-dix mille combattants, accompagnés du roi des Allemands avec une foule que Dieu seul connaît, assiégèrent Damas. La cité était gouvernée par Mujîr ad-Dîn Âbaq ibn Muhammad ibn Bûrî ibn Toghtakîn, sous l’autorité de son atabeg, Maʿîn ad-Dîn Unur, administrateur du royaume. Cela se passa le samedi, sixième jour de Rabîʿ al-Awwal. Les habitants sortirent à leur rencontre au nombre de cent mille et trente mille hommes, et ils livrèrent un grand combat. En cette première journée, environ deux cents musulmans furent tués, tandis qu’un grand nombre de Francs, impossible à dénombrer, périrent également. La guerre se poursuivit quelque temps, et le Coran d’Othmân fut alors porté au milieu de la cour de la Grande Mosquée. Les gens s’y rassemblèrent pour invoquer Dieu – exalté soit-Il –, tandis que les femmes et les enfants, tête découverte, priaient en pleurant et que la ville était jonchée de cendre.
Maʿîn ad-Dîn Unur sollicita alors l’aide du roi Nûr ad-Dîn Mahmûd, seigneur d’Alep, ainsi que de son frère Sayf ad-Dîn Ghâzî, seigneur de Mossoul. Ceux-ci se mirent rapidement en route à la tête d’une armée d’environ soixante-dix mille hommes, renforcée par d’autres princes et notables. Lorsque les Francs – que Dieu les déshonore – apprirent l’arrivée de ces troupes, ils levèrent le siège de la ville. L’armée musulmane les poursuivit et en massacra un grand nombre, parmi lesquels se trouvait un prêtre nommé Élias, celui-là même qui les avait poussés à attaquer Damas en prétendant avoir reçu en songe une promesse de victoire de la part du Messie. Il fut tué – puisse Dieu le maudire. Les Francs faillirent s’emparer de la cité, mais Dieu – exalté soit-Il –, dans Sa toute-puissance, la protégea.
Dieu le Très-Haut a dit : « Et si Dieu ne repoussait pas certaines gens par d’autres, la terre serait certainement corrompue. Mais Dieu est Détenteur d’une grâce immense envers les mondes » [Coran 2 : 251],
et Il a dit : « Et si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d’autres, des monastères, des églises, des oratoires et des mosquées où le nom de Dieu est abondamment invoqué seraient certes détruits » [Coran 22 : 40].